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Amour et coronavirus – loin des yeux loin du cœur ?

Si toi aussi tu te souviens de DO-MI-NIQUE (#UneVieNouvelleHAN).

C’est une invitation publiée sur le site généraliste Ameba qui m’a inspiré cet article. Invitation pour un séminaire en ligne le week-end dernier. Sujet : “amour et distance sociale”. Ça change de mes cris de guerre Ataktaktak et autres Ora ora ora !! On dépose un peu de crème fraiche sur les biceps, et on réfléchit au sens de la vie. C’est un mardi matin très poétique, oh là là.

Amour et coronavirus : loin des yeux loin du cœur

Pour la romancière Hitomi Kanehara, (« Désert parisien, mirage tokyoïte » / 『パリの砂漠、東京の蜃気楼』/ « Paris no sabaku, Tôkyô shinkirou » – paru cet été), la distanciation sociale force de nouveaux comportements, oblige à de nouvelles réflexions.

Interviewée par le journal Mainichi, la romancière revient sur son dernier roman. Elle-même a vécu en France entre 2011 et 2019. Revenue au Japon, elle évoque le cas de cette femme mariée, mère de famille, vivant, elle aussi, depuis de nombreuses années en France, avec son mari. La crise du coronavirus précipite son retour au Japon. Un retour avec son fils. Le mari, lui, reste en France pour le travail. Et l’épouse de s’interroger : pourquoi ne pas divorcer ? Quitter la crise vraiment, avec un marqueur visible, une rupture totale. Voler loin des problèmes, vers une vie meilleure, elle l’espère. Retrouver un amour, vrai, total.

© Nayumi et Takuma – par Bochimaru (Pakutaso)

Les questions à la vie à l’amour

“Avec qui je veux vivre ?” “Où je veux vivre ?” “Comment je veux vivre ?” Pour Hitomi Kanehara, la tempête Covid chamboule tout ou remet tout à l’endroit, ou à l’envers. C’est le grand déballage. On ne décide bien sûr pas de divorcer du jour au lendemain – cette femme qui part avec son fils traverse peut-être un désert. La terre quittée redevient la terre promise, mais elle n’est peut-être qu’un mirage. La crise mondiale actuelle, parce qu’elle colore le futur d’obscurité et d’incertitude, force à l’introspection. L’on se rend compte que oui, la vie est livrée en format individuel, et unique. Un jour passé est un jour de moins. L’on ne se dit plus qu’on “a le temps”. On se demande “comment passer le temps qu’il me reste” ?

Distanciation sociale, corona rikon

C’est le phénomène observé dans nombre de pays. Au Japon, on parle de “corona rikon”, les “divorces coronavirus”. En hausse depuis le confinement de mars. A l’époque, le télé-travail devient la norme, avec tout ce qu’il implique et que l’on avait pas anticipé. Vivre en famille ou à deux, avec une pièce à vivre plus ou moins grande, des chambres pour s’isoler ou les toilettes pour pleurer. L’autre, qu’on ne voyait que le matin et le soir, devient une présence constante. L’on appréciait les week-ends à deux ou en famille. Ils se confondent avec les jours de la semaine. Si la situation est, fort heureusement, très bien vécue dans beaucoup de ménages, elle représente, pour d’autres, un calvaire. Surtout lorsqu’on a aucune pièce pour s’isoler. Au fond, loin de faire naître des problèmes soudains, la crise du Covid-19, et les contraintes qu’elle impose, révèle des fêlures qui existaient déjà.

© Ookawa san – par Sushipaku (Pakutaso)

Et les tromperies

Tremblement dans le monde des “uwaki” (浮気 – tromperie, en japonais). C’est le webzine Oggi qui dévoile l’affaire. Si les tromperies diminuent – contraintes et distanciation sociale oblige – elles explosent également. Comprendre : beaucoup apprennent avoir été trompé-e-s après coup. Merci au réseau social Line et à ses paquets de messages coupables. Morceaux choisis :

Uwaki Un atteste à sa copine de l’ombre qu’il n’a pas le Covid. Il sait qu’ils ne peuvent pas se voir, mais, bon, une fois, why not ? La fille accepte – l’amour plus puissant que le virus – et le couple se fait surprendre roucoulant dans la rue par une amie de la copine principale. L’amende sera bien salée.

Uwaki Deux écrit qu’il n’a plus d’argent à cause du Covid. Plus de boulot, plus de fric, rien ! Madame s’inquiète, prête à liquider ses comptes. Elle apprend qu’en fait, Uwaki Deux dilapide ses sous avec une autre fille.

Uwaki Trois a le Covid. Mensonge fourbe pour empêcher à Madame de le rejoindre chez lui. Madame, dévastée, tapote des messages pleins d’amour pour Uwaki, loin de se douter que lui tapote ailleurs.

Amour cause toujours loin

Moralité ? Inspecter les smartphones, perquisitionner les poches, ratisser les fond de tiroirs et les sacs. Je plaisante. L’entreprise est chronophage et fatigante. Quand l’ouragan Covid amène la tempête émotionnelle, mieux vaut peut-être en profiter pour faire le tri, se poser les bonnes questions, et s’accrocher à cette branche qui s’élève. La brindille là, oui. Elle ira sûrement se balancer dans un ailleurs meilleur.

Mikki forever au top de la rime.

A mardi.

Photos utilisées libres de droit © un grand merci aux photographes Bochimaru et Sushipaku, de Pakutaso.com ; aux modèles Ookawa san, Hisananel, et Nayumi et Takuma

A toi d'jouer !

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