Apprendre le japonais

Mon expérience à l’école de japonais Arc academy

C’est ce qu’on appelle “tuer le suspense”.

Comme promis mardi dernier, je dévoile le grand secret mikkiste : le choix de l’école. Arc academy, donc. Pourquoi ? Comment ? Par où donc ? Toutes les réponses dans le développement ci-dessous. Je maîtrise à fond le teasing.

Arc academy Japanese Language school

Une méthode, quatre écoles (je voulais une accroche coup de poing). On trouve les écoles Arc academy à Tokyo (Iidabashi, Shinjuku), à Kyoto, et à Osaka. J’ai testé celle de Iidabashi, grâce à Motivist Japan. A noter qu’Arc academy Iidabashi n’est pas loin de ma très chère Coto academy. Hoho. C’est le destin.

Mais pourquoi Arc academy, d’abord ?

Je cherchais une école qui propose des cours de conversation, un suivi renforcé (grammaire, kanji…), une aide pour chercher un baito/un travail… Et « pas trop chère ». Money Boney ! (c’est quand même plus de 6000 euros l’année) (ah ouiiii). Comme pour le billet sur Motivist, je précise que cet article n’est archi pas sponsorisé. L’école ignore même que j’écris sur sa pomme. Je n’ai rien reçu, nada ! Pas de coupon gratuit pour aller au karaoke, pas de discount Super Potato, pas de réduc pour les onigiri du convini, keudalle Solal. Et mes frais de scolarité, je les ai payés avec ma sueur et mes deniers, t’as bien lu Gustavu !!

La rentrée des paliers

Quatre sessions pour entrer à l’école : janvier, avril, juillet et octobre. Celle d’avril est la plus prisée – la rentrée japonaise est en avril – surtout pour celles et ceux désirant poursuivre leur cursus au Japon (s’inscrire à l’université, par exemple).

Qui dit “rentrée”, dit “test d’entrée” pour déterminer le niveau. Pourtant surnommée “l’horloge humaine”, j’ose arriver plus d’une demi-heure en retard à l’école. La faute aux ruelles guet-apens et au GPS inexistant. J’explose plusieurs mines de criterium sur ma feuille, et déverse quelques hectolitres de transpiration sur ma copie. Jamais rentrée n’aura été si épique. Loin de me mettre la pression, mon retard m’arrache des bâillements. Je termine l’épreuve au mental ensommeillé, et atterris au 4e niveau : chez les moyens !!

L’échelle des niveaux made in Arc academy

Environ 10 niveaux (je suis pas sûre) (vérifiez vous-même), des débutant-e-s aux expert-e-s. Passage au niveau supérieur à chaque trimestre, si bons résultats aux tests. Possible de sauter une classe, si réussite au Jump up test, proposé à chaque fin de trimestre. J’ai tenté l’exam. Oral OK, l’écrit raté. La faute à la grammaire, Norbert argh !!

En pratique, tout le monde passe dans la classe supérieure – sauf très rare exception. L’école est du genre sympa. Elle met tout en place pour aider les élèves. Etant entendu que ces derniers travaillent.

J’ai terminé l’école comme une big boss, avec passage au niveau 8, avec les honneurs, le diplôme, et le JLPT 2 ! J’ai pulvérisé tous les Saiyan.

Je ne ressemble absolument pas à ça, mais pourquoi pas.

Les cours

Parce qu’il faut bien bosser ! A chaque niveau son calendrier : on vous donne le programme en début de trimestre. En pratique, les cours se divisent, selon les jours : kanji / grammaire / lecture à voix haute / conversation / compréhension / activités (exposés, débats etc.)… Plus les cours optionnels : préparations aux examens d’entrée à la fac (EJU…), au JLPT, cours d’histoire, de culture japonaise, de théâtre, de radio/talk… Ces cours optionnels diffèrent selon les niveaux.

Côté organisation : les cours s’étalent sur une demi-journée, le matin ou l’après-midi. Deux fois 1h30. Avec un inter-cours d’environ 10 minutes. Ça peut paraître peu. Ajoutez le travail personnel, et vous aurez des journées bien remplies.

Côté fournitures : les livres sont à payer en plus ! Les frais d’inscription ne comprennent pas l’achat des fournitures. Les livres viennent directement à vous : RDV à l’accueil de l’école, avec les libraires et les profs, pour faire le troc, yens contre manuels. A chaque trimestre son passage en caisse. C’est bon à savoir, car ça évite de mauvaises surprises. Heureusement, on utilise certains livres sur plusieurs trimestres. En pratique, comptez d’environ 7000 à 9000 yens environ (entre 60 et 70 euros environ) pour l’ensemble des manuels d’un trimestre = 3 livres environ. Beaucoup de « environ » oula. Un livre comme celui de lecture rapide (1e à gauche ligne du milieu) coûte déjà 2600 yens hors taxes. Heureusement qu’on le garde toute l’année, celui-là.

J’ai déféqué et uriné dans les bouquins. Propriété mikkiste. Cordialement.

Vous pouvez faire l’impasse sur un ou plusieurs livres (si vous les avez déjà, par exemple). Ex : je n’ai pas acheté le livre de kanji JLPT 1 car j’étudiais encore avec le N2. Par contre, on a vraiment besoin des manuels de grammaire et d’expression écrite. Ex : les livres de la 1e rangée, en commençant par le haut. Faites péter les portefeuilles !

L’info mikkiste pour le plaisir

Un trafic de livres discount s’est établi à l’école !! Les élèves des classes supérieures revendent les livres qu’ils n’utilisent plus !!

La vie version Arc academy

L’apprenant-e assidu-e que vous êtes apprendra bien. Believe. Beaucoup de travail personnel, bien sûr, et aussi un encadrement efficace. Une partie du staff est multilingue. Lorsque j’y étais, il y avait une super responsable qui parlait anglais, italien, japonais, français, espagnol… Elle est partie vivre de nouvelles aventures au top du top, mais les vétérans restent là pour vous aider.

Les professeurs sont sympas ! J’ai eu la chance d’avoir des profs ultra cools. Prof et staff seront toujours là pour vous aider, y compris pour des choses qui n’ont pas forcément de lien direct avec l’école. Ex : l’intégration au Japon, la vie quotidienne etc. L’école a crée une cellule d’aide psychologique. Partir à l’étranger, ce n’est pas rien. Belle aventure pour certains, l’opération peut devenir une réelle épreuve, douloureuse. L’éloignement d’avec la famille, la barrière de la langue, la solitude… L’école organise régulièrement de grands meetings (en général, au moins un par trimestre), durant lesquels elle conseille et oriente. Des plaquettes sont distribuées pour rappeler les numéros d’urgence et d’aide, les règles à suivre etc. J’ai beaucoup aimé cette approche empathique.

Côté infrastructures : une petite bibliothèque/salle de travail. Un espace plus vaste au dernier étage (le 8e !) où l’on peut étudier, manger, flemmarder… Le bâtiment est un ancien immeuble d’entreprise, et ça se voit, hélas. Tout en hauteur, on s’y sent vite à l’étroit. Oubliez l’ambiance des établissements scolaires classiques. Arc academy a fait ce qu’elle a pu, mais quand vous galérerez à chaque intercours pour rejoindre votre nouvelle classe, vous comprendrez. Les salles de classe finissent par sentir les efforts de Cervelle. Ou, juste la transpiration de vingts élèves saveur poulet frit ou oignon fumé à l’omelette. Couloirs et escaliers ne sont pas prévus pour accueillir un si grand nombre d’élèves. Idem pour l’ascenseur, fortement utilisé par des étudiant-e-s visiblement en pleine forme, avec deux jambes qui fonctionnent, pour grimper du 3e au 4 étage… De l’abus, oui, oui.

L’apprentissage à la japonaise

Comme dit plus haut, les professeurs sont super. Ils insistent sur l’oral, demandent souvent qui veut poser des questions. Côté méthode, on est sur du : “on applique la règle”. C’est valable partout au Japon, pas seulement à Arc academy. Il ne faut pas chercher pourquoi c’est comme ça, mais plutôt appliquer la règle. Mieux vaut ne pas se poser trop de questions et bien retenir les règles de grammaire – très nombreuses ! Vous allez déguster.

Tu as encore tout faux, mais courage !

Le système d’examens

Encore et toujours, la méthode japonaise : peu de dissertations, plutôt des questions/réponses, comme dans les écoles japonaises classiques. A Arc, on rajoute, dans les examens, des questions type “comment analyses-tu tel ou tel point”, mais elles ne constituent pas le gros de l’épreuve. On a aussi quelques essais à rendre – préparation utile, notamment pour celles et ceux visant la fac. Ça permet aussi de mieux s’exprimer, et d’utiliser le voc et la grammaire !

Retenez qu’un examen type, c’est plutôt comme le JLPT : déchiffrer les kanji, le sens des mots, repérer les erreurs, décoder un texte complexe, répondre à la question posée sans divaguer ailleurs. En pratique : sur la copie, vous avez juste un encadré pour insérer le bon mot, parmi la liste écrite au dessus de l’exo.

On dit souvent que les amoureuses et amoureux des maths comprennent bien la méthode japonaise. Je n’aime pas les maths (sauf pour compter les sous), mais j’aime le Japon ! Ça suffit à me donner les compétences nécessaires pour briller avec brio.

Je me la pète, mais les résultats sont là. Sois pas dég.

En bref – les examens et activités à Arc academy (ça peur varier en fonction des niveaux).

  • Un test d’entrée pour évaluer le niveau.
  • Un interro de kanji par semaine.
  • Un devoir à chaque fin de leçon étudiée.
  • Un gros exam à chaque fin de trimestre – les fameux « 期末テスト / きまつテスト / kimatsu tesuto ».
  • Un Jump up test à chaque fin de trimestre (facultatif)
  • Des examens oraux.
  • Beaucoup de devoirs !
  • Des exposés, travaux de groupes avec présentation écrite et orale (activités qui ne sont pas forcément notées).
  • Des débats (pas forcément notés). C’est super pour s’entraîner à l’oral !

Cours version Arc Academy : l’exemple des kanji

N’espérez pas apprendre les kanji à Arc academy. Ça, c’est votre job perso. A l’école, on en fait que réviser : environ 30 minutes, deux ou trois fois par semaine. Avec une leçon/une interro toutes les semaines = une vingtaine d’idéogrammes, et les mots de vocabulaire correspondants. Un seul kanji peut être donné avec 3, 4, ou 5 mots de vocabulaire. C’est la fête ! N’imaginez donc pas flemmarder. Les kanji, c’est tous les jours dans votre piaulette, les toilettes ou le métro bondé. Certains élèves ont déchanté et crié à l’injustice – notamment vis à vis des étudiants qui connaissaient déjà beaucoup de kanji, et avaient donc plus de facilités. Mais la vie, c’est l’injustice ! Gémissez, mais travaillez !!

Taille moyenne d’une classe

C’est le bémol de l’école : le nombre. Il y a, certes, bien plus d’écoles type Arc academy que de type Coto academy. A la Coto, on était 8 grand max. Côté Arc, c’est plutôt 20, en moyenne. Ça reste acceptable, quand on compare avec des classes d’autres pays, comme la France. Mais pour moi qui ai goûté au luxe de la Coto, me retrouver dans des classes surpeuplées (oui !) me donne des palpitations. Rien de mieux que des micro-classes pour apprendre. Pour développer l’oral, surtout !!

L’affaire des élèves

Ici, ce n’est pas le problème de l’école. C’est celui des élèves. Comme dans toute classe, il y a les sympas, et les autres, les perturbateurs. Des micro-classes peuvent effectivement pallier ce problème. A 5, on est moins enclins à faire sa révolution. A 20, c’est plus compliqué. Les incivilités du quotidien sont, hélas, monnaie courante. Certains oublient le bonjour; d’autres se rebellent. D’autres encore ne répondent pas, même quand le professeur pose une question simple type : “qu’as-tu fait hier ?”. Les profs proposaient de petits talks en début de cours, pour nous faire parler. Moi, bien sûr, j’avais toujours une aventure mikkiste à raconter ! Certains, hélas, plombaient l’ambiance avec leur mauvais caractère. C’est chiant ! Heureusement, il avait aussi beaucoup de super élèves, sympathiques, curieux, motivés et déterminés. D’autres, plus discrets, étaient tels de jolies fleurs embellissant la classe. En fin de paragraphe, c’est ambiance lyrique-romantique.

On va bouger bouger !!

J’ai fait la journée du sport ! 運動会 (うんどうかい – undoukai). J’ai particulièrement brié au lancé de ballon, mais ai été battue en finale au tirage de corde. EN FINALE !! Les bleus nous ont terrassés avec leur technique épouvantable de la rafale !! J’en parle encore avec une profonde amertume !! J’ai pourtant eu le JLPT N2, mais ai raté la corde !!

Pourquoi on dessine que les filles en mode galère ?
La course/smash de ballon, par contre, j’ai réussi easy.

C’est super sympa de vivre à la japonaise. En avril, le hanami, en mai, la journée du sport… On a aussi testé un parc de loisirs/attractions. Hélas, le temps, lui, n’était pas d’humeur joviale !

Le bilan mikkiste

Etudier à Arc academy était une chouette expérience. Encadrement au top. Cours sympathiques. Souvenez-vous cependant que Mikki est une louve solitaire. Habituée à étudier seule, je n’ai pas besoin d’un gros encadrement professoral et m’organise pour accomplir mes objectifs (quel orgueil !). Mais si vous avez besoin d’une solide structure, Arc academy vous conviendra. Certains seront rassurés par son côté scolaire. D’autres moins. A Arc, on a des devoirs de maison, des contrôles etc. C’est bien pour évaluer sa progression. Le reste est entre vos mains héroïques ! You can do it.

Pour toutes celles et ceux visant une école au Japon : révisez dès maintenant ! Il y a plein de méthodes gratuites sur Internet. En attendant que la situation sanitaire s’améliore, on reste confiné avec les kanji.

Rendez-vous mardi prochain pour un article surprise. Ressentez-vous le suspense qui vous picote la narine gauche ? C’est le bonheur de retrouver Mikki Forever.

Les liens sympathiques

Ambassade du Japon : coronavirus, visa étudiant, CoE.

Le site de l’école Arc academy Iidabashi.

Arc academy via Motivist Japan.

Images utilisées libres de droits : https://illust8.com/ 

A toi d'jouer !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :