Ikebukuro rue vide
Japon

Coronavirus, Etat d’urgence, crise économique… le point au Japon

Restons chez nous !

Coronavirus – Etat des lieux

7 avril 2020. Le Japon prolonge l’Etat d’urgence (緊急事態/kinkyûjitai) jusqu’au 31 mai.

Au départ, il ne concerne que 7 préfectures, dont celle de Tokyo. Mais le virus, jusqu’alors surtout actif dans les régions nord, se répand sur d’autres territoires. Le Premier ministre étend l’Etat d’Urgence à tout le pays, et prolonge sa mise en vigueur jusqu’à la fin du mois.

Au 10 mai 2020, le Japon compte 15 842 personnes atteintes par le covid-19 (+ 712 personnes contaminées à bord du navire de croisière Diamond Princess). Le pays déplore 632 décès (+13 passagers décédés sur le navire).

Tokyo est la région la plus touchée, avec 4 868 cas. Vient ensuite Osaka (1 743 cas), puis Kanagawa (1 169). Hokkaido compte 964 cas.

Voir les chiffres de toutes les préfectures : Nippon.com; journal Asashi (en japonais).

Confinement au Japon

La France, la Belgique ou le Maroc ont opté pour un confinement stricte. La France, avec ses attestations obligatoires de sortie (jusqu’à aujourd’hui), figure parmi les pays ayant appliqué les règles les plus restrictives, en matières de confinement. Le pays démarre aujourd’hui son déconfinement (de même que la Belgique et le Maroc). Un déconfinement progressif, qui ne doit pas faire oublier que le virus court toujours.

Au Japon, pas de confinement strict. On peut encore se promener et circuler librement. Les rues sont cependant bien moins fréquentées qu’auparavant. La population applique les mesures barrières : rester chez soi, limiter au maximum les sorties, éviter les contacts physiques, porter un masque… la récente expérience de la NHK et d’un collège de scientifiques montre combien le coronavirus se propage rapidement.

Coronavirus et crise économique

Comme partout ailleurs, le mot d’ordre est “rester chez soi”. Le télétravail est la nouvelle norme. Le gouvernement encourage fortement les entreprises à le mettre en place dès que possible. Pour les établissements autorisés à rester ouverts (AEON et autres commerces alimentaires), pas toujours simple d’appliquer les mesures barrières. Les petits commerçants se sentent particulièrement vulnérables, et réclament l’aide du gouvernement.

Aide également réclamée par les employés en baito (“petit job”). Encore souvent décrit comme un petit job étudiant (beaucoup d’étudiants ont effectivement un baito), le baito représente, en fait, la face cachée de l’économie japonaise. Emplois à temps partiel, précaires, ultra-flexibles… Les personnes en baito sont souvent moins protégées que leurs homologues à temps complet.

Les expatriés, en PVT ou en visa étudiant au Japon sont aussi concernés. Ils font face, et à la crise sanitaire, et à la crise économique. Les secteurs ayant l’habitude d’embaucher massivement ferment (restaurants, lieux touristiques etc.). Ceux qui restent ouverts réduisent leur volume horaire, et donc, leurs effectifs. Le gouvernement français a lancé un plan d’aide pour sa population expatriée. Covid-19 oblige, les frontières avec l’étranger sont fermées, et les demandes de visa, suspendues.

Dans son discours du 4 mai (début de la Golden Week), Shinzo Abe annonce débloquer une aide de 100 000 yens (environ 854 euros), à tout résident sur son territoire, qu’il soit ou non Japonais. La mesure est en fait dévoilée depuis la mi-avril. Au début pensée pour les plus précaires, elle s’est ensuite étendue à tous les habitants.

Freedom d’abord ?

C’est l’affaire du pachinko. Le 30 mars, les gouvernements locaux annoncent la fermeture des pachinko. Question de logique. Les pachinko, ces espaces clos où s’entassent des milliers de joueurs, pourraient être autant de foyers de propagation du virus. Mais les pachinko font de la résistance. Quelque uns d’entre eux ont réouvert à Osaka et Tokyo. Des habitués, interrogés par les journalistes, disaient comprendre les craintes des autorités et des habitants, mais ne pas pouvoir s’empêcher de jouer.

9 mai – des pachinko ouverts malgré l’interdiction

Des étudiants en difficulté

Les écoles rouvrent petit à petit. Certaines, comme en Hokkaido, ont a nouveau fermé, suite à des cas de coronavirus. Comme en France (écoles ouvertes à partir d’aujourd’hui), nombreux sont les parents japonais qui craignent pour la sécurité de leurs enfants. Les étudiants, eux, redoutent de ne plus pouvoir payer leurs frais de scolarité. Le 8 mai dernier, le ministère de l’Education, de la Culture et des Sports annonce débloquer une aide d’urgence de 100 000 yens (environ 854 euros) pour les étudiants en situation de précarité (environ 500 000). D’autres universités, comme Waseda (article en japonais et anglais) ou Meiji (article en japonais), proposent de soutenir financièrement les étudiants en difficulté.

Les écoles de langues sont aussi concernées. Elles sont pour l’instant fermées, jusqu’au 31 mai. Certaines proposent des solutions alternatives. La Coto Academy met en place des cours en ligne. ARC (dans laquelle j’ai aussi étudié) (l’article viendra, believe), attend les nouvelles mesures gouvernementales pour savoir quand elle pourra rouvrir. Mais elle propose une réduction pour ses futurs étudiants (jusqu’au 31 mai seulement !).

Et demain ?

Au Japon comme partout ailleurs, le temps est comme suspendu. Le déconfinement qui s’amorce ne doit pas faire oublier que le coronavirus est toujours virulent. Les frontières extérieures restent fermées. Les projets de voyage, annulés. Des fermetures et annulations vitales, si l’on veut limiter la propagation du virus, et sauver des vies.

Restons chez nous !!

Liens utiles

Le PVT.

L’Ambassade de France au Japon.

L’Ambassade du Japon en France.

Le site d’information NHK world (en français)

Japan Times

Nippon.com

Les infos en direct du Japon H24 (en japonais)

Liste des commerces ouverts/fermés (en anglais)

A toi d'jouer !

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