Le printemps au Japon : la voie du sakura

Chrysanthèmes - chrysanthemum exhibition -Shinjuku gyoen

« Il est temps, d’aller à Otsu. » (Kenshin/Rurouni Kenshin)

 

Nous ouvrons tous de grands yeux surpris, et la bouche avec, et les commentaires étonnés : « curieux sakura ! » C’était en novembre, dans les beaux jardins de Shinjuku Gyoen, à Tokyo. Novembre, et les sakura qui bourgeonnaient déjà. Conséquence du réchauffement climatique ? Climat se dérègle, chauffe et gèle, rendez-vous en mars pour la saison officielle.

 

Le vent aux cerisiers

C’est tout un pays qui se passionne pour l’arrivée des fleurs de cerisiers. Tous les jours, les journaux présentent la « météo des sakura », où l’évolution de la floraison, région par région. L’association de météorologie japonaise fournit d’ailleurs un calendrier précis et régulièrement mis à jour. La presse internationale se saisit de l’affaire et dépêche régulièrement ses journalistes, pour observer ces Japonais qui admirent des fleurs de cerisier.

 

Japan Meteorological Corporation

 

C’est la vie

Il faut, en effet, les voir, pour être saisi. Délicates et fragiles, puissantes et solaires, les fleurs de cerisier marquent le début officiel du printemps. C’est aussi la période de fin d’année scolaire : au Japon, l’année se termine en mars, et commence en avril. Fin de l’année fiscale, également. Début de la récolte du riz, et, plus globalement, de la nouvelle année agricole. C’est le printemps. Le renouveau. Bien plus que le signe annonciateur d’une saison nouvelle, la fleur de cerisier montre la voie, le chemin. C’est la vie.

 

Shinjuku gyoen chemin

 

La philosophie de Sakura

L’activité était déjà pratiquée sous Nara (710-794), mais c’est durant la période Heian (794-1185), qu’elle se diffuse largement. C’est le Hanami, où le festival des cerisiers. « Hana » signifie « fleur ». « mi », vient de « miru », qui veut dire « regarder ». Le Hanami est donc cet instant où l’on admire les fleurs. Une contemplation toute philosophique, la fleur prenant la place de l’homme, l’homme mortel et fragile. Car la floraison, brève (à peine deux semaines), invite chacun à l’introspection. Tout comme les cerisiers passent, avec leur beauté et leur simplicité, l’être humain aussi passera sur la Terre. Une vie, au fond, c’est une heure, un souffle, un battement de cils. Demain, déjà, il n’en restera plus rien. Telle est la philosophie qui imprègne la contemplation des cerisiers. Comme les sakura éclosent aujourd’hui pour se faner demain, profitons de notre vie fragile, de ces instants simples et délicats, courts et précieux.

 

 

Paix et harmonie

Les sakura  véhiculent un message fort et intemporel. Ces jolies fleurs jouent également un rôle d’ambassadrices. Des ambassadrices suscitant l’effroi, hier. C’étaient les instants du Japon impérialiste, qui marquait son expansion en plantant des cerisiers sur les territoires occupés. Aujourd’hui réconcilié avec lui-même, le Japon confère aux sakura le rôle ambassadrices de la paix, aujourd’hui – il est coutume, pour le gouvernement japonais, d’offrir des cerisiers aux pays amis. Et sur son territoire même, la délicate fleur de cerisier s’élève au rang de symbole national. Un symbole de paix, d’harmonie, de sobriété, et de vie.

 

 

Entre blogueurs, 2e impact !

Evènement “Entre Blogueurs”, revient pour une deuxième édition ! (la première, c’était ici^^) Crée par la pétillante Julie, du Blog Julie et ses futilités, il permet à des bloggeuses et blogueurs d’écrire sur une thématique commune. Belle occasion d’échanger et de partager ! J’apporte ma modeste contribution mikkiste : toi aussi, n’hésite pas à faire parler ton âme printanière, en postant un article avant le 21 mars. Tu as encore le temps. Believe. Toutes les infos ici.

A toi d'jouer !

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