Mon Takao San, les baskets, et les sandalettes

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« Vous l’avez vu, n’est-ce pas ? Quelle splendeur… » (Tarô Yaguchi/l’Orme du Caucase)

 

C’est là, à deux pas de Tokyo, à Hachioji. La montagne sacrée accueille les randonneurs matinaux. Certains sont équipés comme s’ils partaient à l’assaut du Mont Fuji. Prudence et organisation ! J’admire leur tenue digne du plus grand des alpinistes, et regarde d’un œil circonspect mes vieilles baskets. Mon collaborateur fait pire, avec ses sandalettes de vacancier flâneur ! Et pourquoi pas les tongs ?

 

Là-haut

Takao san est gentil. Son ascension, il la veut tranquille, et accessible à tous : télésièges et funiculaires permettent d’admirer paisiblement les charmes de la montagne.

En sortant de la station Takaosanguchi, un immense panneau nous accueille. Illustration des 7 chemins menant là-haut, certains étant plus compliqués que d’autres.

Téméraires, nous décidons d’emprunter le sentier 6 : c’est celui qui nous plonge totalement dans la nature. En sandalettes et vieilles godasses ! La montagne culmine à 599m d’altitude. A nous-deux, Takao san ! Nous sommes des artistes sportifs : de l’eau, un appareil photo, et c’est tout !

 

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Les arbres de la route 6

Si, à la sortie de la station Takaosanguchi, nous étions nombreux, très vite, les petits groupes se forment, se dispersent, empruntent des chemins différents. Pour mon fidèle collaborateur et moi, c’est le sentier 6. Nous sommes seuls, avec les arbres millénaires, les arbres géants, et le gouffre, en bas.

C’est fantastique, et doucement inquiétant. En bas, on tombe, on ne voit rien. C’est vert et marron, touffu et sombre. Si je roule là-dedans, l’on mettra des décennies à retrouver mes petits bouts d’os mikkistes. Avec mes godasses.

En haut, c’est vert aussi. Des carrés de ciel percent entre les arbres. Les arbres magiques ou éternels.

 

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Le chant sur la montagne

Nous croisons quelques Japonais. Certains descendent déjà – ils sont venus aux aurores, pour Takao san ! Nous nous saluons, un beau sourire sur le visage. Ils sont tous beaux, ces visages venus pour Takao san. Ils rayonnent, ces visages fatigués et heureux, enchantés et conquis. C’est la magie. Oui, la magie. Et nous communions tous ensemble, partageant un étrange secret. Lorsque l’on traverse doucement le chemin de bois, la montagne chante.

 

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Nous grimpons, les yeux dans le ciel, les godasses dans les grosses branches. Certains passages sont traitres ! La terre devient une racine géante, et les cailloux farceurs, et les pierres sur lesquelles les pieds buttent. Les pieds dans les sandalettes.

 

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Environ 2h de marche plus tard, nous voici au sommet de la montagne.

 

L’eau fraîche

Takao san est commode. Il y a tout le nécessaire pour se vider et se remplir, là-haut. Des toilettes dans lesquelles je me vidange, à l’élégante, avec de la grâce et du silence. Mon fidèle collaborateur doit être doté de quelque poche secrète. J’ignore par quel orifice son liquide se répand ; en tout cas, il n’a nul besoin de se recycler dans les cabinets. Mais c’est l’effet Japon sur la vessie. Je vous le dis. Trouver des toilettes publiques propres, ça vous révolutionne le bas ventre.

 

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Nous partons ensuite tester les glaces pilées. Cette fraîcheur, après ces heures d’escalade, ça revigore ! Nous rions, contents et fatigués. En route pour la descente !

Nous décidons de prendre une autre voie. Va pour la 1 ! Au début, la descente se veut plaisante, agrémentée d’échoppes et autres boutiques pour remplir le ventre et alléger les poches.  Il y a plus de monde. Nous faisons un détour par le temple bouddhiste Yakuôin. Construit sous l’ère Nara, en 744, il célèbre les tengu, les dieux de la montagne. A noter que ces dieux sont shintoïstes. Célébrés dans un temple bouddhiste, donc. Le temps et les croyances se mélangent et se croisent.

 

La mort des genoux

Sur la route 1, à mi-parcours, galvanisés par notre épopée sur la route 6, nous délaissons les télésièges et le funiculaire – moyens de transport fort pratiques, permettant de zapper la route de l’enfer.

Car ce chemin est pentu, pentu ! Il penche tellement que je crains de tomber en avant et de rouler, rouler jusqu’en bas. Je voudrais bien, tiens ! J’aurais moins mal aux articulations. Car il faut plier et cabosser les genoux pour marcher à peu près correctement. C’est affreux. Et l’on ne voit plus la nature ou presque. Le chemin bétonné est monotone. Les genoux craquent. Affreux. L’on ne m’y reprendra plus !

 

Mon beau Takao

Si vous visitez Tokyo, faites donc une escale pour admirer la belle montagne. En toute saison, elle vous ravira ; elle est cependant particulièrement belle (et fréquentée !) en automne, pour les momiji. Je devais d’ailleurs y aller à cette époque, mais m’étais trompée de train ! #pauvfille. Ce jour-là, j’en avais profité pour photographier les tags de Kanamechô.

Takao est féérique. La belle montagne enchante et ravit, donne de la force et de l’inspiration.

Attention : s’il n’est pas nécessaire de s’équiper comme un montagnard chevronné, n’y allez pas non plus en claquettes ! En même temps, faut la faire, la grimpette en sandalettes. Forever intrépides.

 

 

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Se rendre au mont Takao

Depuis Shinjuku : prendre la Keio Line (version « rapid » (50min) ou « local » (1h30)) jusqu’à la station Takaosanguchi. 390 yens

Possible aussi de prendre la ligne JR Chûô : s’arrêter à la gare de Takao (terminus)

Site Internet (en anglais) : http://www.takaosan.or.jp/english/index.html

 

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