代々木公園 ~ L’autre Yoyogi

Retour comme au début, lorsqu’elle se perdait à Meiji-jingu.

Retour en mieux, version riviera chic.

 

Précédemment dans Mikki Forever, je vous parlais du parc Yoyogi avec tout le zèle et le professionnalisme que vous me connaissez. Las ! Il s’agissait en fait du jardin impérial de Meiji-jingu, abritant le grand sanctuaire du même nom.

Et ton zèle, ma fille ! C’est de l’esbroufe !

Je colmate. Je répare. Je suis pro.

Je me souviens être allée au parc Yoyogi (代々木公園 yoyogi kôen)au printemps dernier. Je le trouvai alors tellement banal que je le snobai. Tu n’entreras pas dans mon appareil photo, vilain !

Quelle erreur. Encore !

Si son entrée n’est pas aussi majestueuse que celle de son voisin Meiji-jingu, le parc Yoyogi cache de bien jolis secrets.

Parfait pour se reposer après une promenade dans les beaux jardins impériaux, il se divise en deux parties.

La première, celle qui peut laisser partir un soupir de déception, un pet contestataire, un renvoi lapidaire, est un terrain, simple, honnête. De l’herbe ici, du bitume là, des bancs et des tables. Idéal pour pique-niquer, faire la sieste, souffler au milieu des moustiques. Des pancartes nous avertissent : certains coins sont de véritables enclaves territoriales à bestioles. Moustiques et autres joyeusetés sur pattes y règnent en maîtres. Ils seront vous accueillir dans la plus pure tradition picotementiste.

C’est ici que mes pieds avaient campé, la dernière fois. Ils se posent et inspectent, ne voient rien d’intéressant dans la verdure et la pierre. Les sots, oh, les inconscients ! Aujourd’hui, je me sens l’âme aventurière et les pousse plus loin.

Le secret est là, coincé dans le grand bec de Karasu.

 

C’est l’autre Yoyogi. Le royaume de Karasu. Le corbeau (鴉, からす, karasu) ricane et papote. Il a le verbe, nous tient en respect. Il faut l’écouter ou partir. Après, viendra le banquet. Et après, l’opéra. Et après, les réjouissances, il fait chaud, on se divertit les ailes dans l’eau.

L’autre Yoyogi est plus chic que sa preview. Plus riviera. Plus bourgeois bohème. L’on marche entouré de fleurs et de bosquets. Les sources d’eau rafraichissent nos yeux. Les corbeaux prennent la pause. L’on s’imagine dans quelque station balnéaire privée. Un peu. Un peu seulement.

Gare à la défécation de Karasu. Lorsqu’il gonfle le corps, lorsqu’il ouvre grand ses ailes, là, au dessus de votre crâne innocent, votre crâne candide, votre appareil photo, peut-être ? Vous pensez avoir une belle vue. Restez donc. Vous verrez comme il photoshopera votre cliché. C’est du purikura high-tech, avec textures et odeurs.

Qui s’en soucie ? Il y a tant à voir, tant à faire ! Poser son cerveau à l’ombre, sur un banc ou dans l’herbe, débrancher le corps entier, écarter les orteils et sentir la brise murmurer. Les corbeaux eux-mêmes se délassent. Ils rient, rient ! Des parents promènent leurs bébés dans des poussettes aux motifs fleuris. Un couple s’arrête un instant sur le pont. J’entends des bruits de claquettes. Les tongs s’agitent sur les parterres.

C’est Yoyogi riviera. Les gens étendent des carrés de tissu dans l’herbe, s’allongent à l’élégante. Leur sourire apporte un peu de magie ici, de bonheur là. Les familles se promènent. Les enfants trempent leurs orteils dans l’eau. Le temps ne passe plus ou ralentit. L’on est bien, à Yoyogi.

 

A toi d'jouer !

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