« Gros » n’est pas un gros mot : pour en finir avec la grossophobie

Gros n'est pas un gros mot

« Nous allons continuer à vivre, à prendre la place qui nous revient. » (D. Marx, E. Perez-Bello)

 

Tous grossophobes ?

 

Matin, sur le chemin pour aller au boulot/à la fac/ à l’école : A sent une présence dans son dos. B souffle très fort, l’air grognon : pardon !

Midi, au restaurant d’entreprise/cafétéria : A sort son déjeuner. Une pasta box XL. B ouvre de grands yeux : tout ça pour toi !

Soir, au restaurant : En bout de table, A se lève pour aller aux toilettes. B lance : y’a pas assez de place ?

 

    Grossophobie : désigne […] l’ensemble des attitudes hostiles et discriminantes à l’égard des personnes en surpoids. (Daria Marx, Eva Perez-Bello)

 

Des amis en passant par la famille, les collègues, les commerçants, et même les inconnus, ah, les braves inconnus qui vous hèlent « Hé le/la gros-se ! ». On est tous grossophobes.

« Gros » n’est pas un gros mot. L’essai de Daria Marx et Eva Perez-Bello est un constat terrible, un cri d’alarme, un appel à l’humanité de chacun. Bien sûr, elles rappellent que « la lutte contre la grossophobie n’est pas la promotion de l’obésité. » Car d’autres voient, dans ce combat, une glamourisation (je tente des mots nouveaux, je tente) de l’obésité. Mais non. « N’essayez pas d’être gros, vraiment, c’est pas terrible » terminent-elles avec humour.

 

Gros n'est pas un gros mot

 

 

T’es gros, t’es grosse

Car on rit aussi, en lisant l’essai. Avec humour, Daria Marx et Eva Perez-Bello nous décrivent des situations pas drôles du tout. Etre gros-se, c’est survivre dans un monde inadapté. Parler en étant incompris-e : des parents aux amis, c’est le calvaire. Les enfants, surtout, souffrent dans des régimes restrictifs, grandissent mal, avec la honte et la culpabilisation. Rien n’est aux normes, pour celles et ceux qui dépassent la norme. Les témoignages rapportés dans l’essai sont édifiants.

Les autrices proposent des solutions. Plein. Les pouvoirs publics doivent s’emparer de la question. Quand il y a une volonté politique, ça avance, dans le bon sens. Et nous, au quotidien, devons apprendre à dompter notre petite bouche pleine de faux bons conseils, d’avis, de préjugés, d’insultes.

 

On lutte activement contre le racisme, l’homophobie. On a compris que c’est moche, de s’en prendre à quelqu’un à cause de ses origines, de ses orientations sexuelles.

Mais les gros. Traiter les gros, c’est le dernier os à ronger. Traiter les gros, c’est facile, car bon, au fond, hein.

Etre gros, c’est pas une insulte. C’est comme être grand, petit, brun, blond. Vas-tu te définir uniquement par ta couleur de cheveux où la longueur de tes ongles ? Il y a tellement plus qu’une taille ou qu’un volume. On est nous, avant tout.

 

Les infos en plus

Titre : « Gros » n’est pas un gros mot – Chroniques d’une discrimination ordinaire

Autrices : Daria Marx et Eva Perez-Bello

Editeur : Librio, 2018

Le site du collectif Gras Politique  https://graspolitique.wordpress.com/

 

La vidéo en plus

Va ziotter l’excellente vidéo de Youtubeuse Lola Simone !

A toi d'jouer !

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