Le mois du manga # Ki-oon

« Les manga, c’est comme une corbeille de fruits » (Mikki Forever).

Des pommes aux poires, des clémentines et des kakis, des bananes mûres, du multicolore et du multiforme. C’est mieux quand il y a du choix. Plein. L’imaginaire flambe, la créativité aussi. Et quand l’inspiration vient d’ailleurs, les grands esprits se rencontrent. C’est l’émulation de Cervelle. La naissance des nouveaux manga.

Invité du jour ~ Ahmed Agne, éditeur – Ki-oon

 

Samedi 11 novembre 2017.

Furet du Nord. Lille. C’est encore la folie du thermomètre. La canicule à l’espace rencontre. Ahmed arrive, une employée le briefe : « enlevez votre veste, ici, il fait chaud ». J’ai tout entendu. Je suis Mikki l’enquêtrice, qui se planque derrière les poteaux. J’ai l’air d’être en PLS. Mon manteau me gêne. Je supporte. Je n’avais pas prévu de l’enlever là, à 14h05. Attendons que la rencontre commence. 14H10. Au diable la procédure. Le manteau balancé sur une chaise, je suis prête pour la rencontre è_é.

L’espace rencontre, avant l’arrivée du public. Je suis déjà dans la place #planquée.

Aujourd’hui, c’est aprèm quizz et interview. Le public est au rendez-vous. Ambiance détente. La team Ki-oon a préparé des cadeaux pour les gagnants : des boites à thé !! Des manga !! Le tout empaqueté dans de jolis sacs.

Je m’occupe de l’interview. Le quizz, c’est mort. A moins que l’on ne cause du chapeau de William. Des roses de Richard. Des lunettes de Kôsei (je n’ai toujours pas repris les cours de piano x_x). Je n’ai toujours pas lu Pandora Hearts ; ils sont là, dans ma bibliothèque, depuis au moins deux ans T_T. Et Bride Stories ! Je ne parle même pas de la nouvelle collection Kizuna… J’ai envie de lire la Reine d’Egypte. Je vais faire une requête à mon cher banquier. Il n’y a guère plus que des yens, dans Portefeuille !

Rencontre avec Ahmed Agne ~

Peut-on parler d’une crise du manga ? Comment Ki-oon décrypte t-il le paysage manga actuel ?

Les éditeurs de manga doivent bien les regarder, les chiffres de vente. Ça vend mieux, ça vend pas. C’est bof. Ahmed analyse : l’âge d’or des années 2000 passé, les locomotives s’essoufflent, puis s’arrêtent. Les GTO, Fruits Basket et autres Love Hina. Les Naruto, Bleach, FMA, les Fairy tail, l’Attaque des Titans (ça tabasse toujours è_é), les One Piece – l’exception One Piece ! – avec, pour des titres comme Naruto, des toussotements et des gorges sèches. Il y a bien un léger rebond, ces dernières années. 2016 marque une embellie, avec plus de 13 millions de manga vendus. C’est la crise, alors ?

C’est surtout « la crise de la créativité », commente l’éditeur. Pour lui, l’avenir, le renouveau, ce sont tous ces auteurs non-Japonais, qui ont grandi avec les manganime, qui apprécient la culture japonaise, qui désirent apporter leur pierre, leur interprétation. C’est un moyen de combattre « la lassitude » qui s’installe avec le temps.

La grande crainte, en effet, c’est la saturation. Quand un titre marche, ce sont dix autres qui proposent leur variation sur : le shônen nekketsu/baston. Sauver la fille. « J’aime mon sensei ! » Moins de créations, plus de photocopies, regrette Ahmed.

Il n’y a plus de vision. Ou alors, une vision déformée par les grosses licences. Au-delà de l’horizon One Piece, c’est le brouillard. L’on peut pourtant vivre sans ces locomotives. Rien n’y fait; l’arrêt des titres phares effraie. On se prépare comme on peut, on cherche une série capable de remplacer l’ancien leader. On multiplie les offres et produits dérivés. A Tokyo, cet été, Fairy Tail reprenait du service version café branché. Luffy régale version curry, Pocky, biscuit. Imagine t-on un monde sans One Piece ? Stupeur et effroi. Mieux vaut ne pas y penser. Ou penser autrement.

« Les éditeurs japonais l’ont bien compris », souligne Ahmed. « Ils sont conscients que ceux qui vont raconter les manga de demain sont les étrangers. »

Ki-oon participe de ce mouvement créatif. En lançant son Tremplin manga en 2014, la maison d’édition a un objectif : mettre en lumière le manga étranger. Cette année, c’est Yami Shin qui nous dévoile son univers. Gagnante du Tremplin Ki-oon 2015 avec son one-shot Revenge Reborn, la jeune mangaka était présente cet été, à Japan Expo, pour présenter son manga, Green Mechanic (2 tomes parus, série en cours).

Je suis l’aventure Tremplin manga depuis ses débuts, et suis très heureuse qu’elle se poursuive. Ahmed confirme : il y aura une prochaine édition ! Je suis ready è_é !!

J’espère que beaucoup d’autres manga crées par des non-Japonais verront le jour n_n. Côté français, citons Reno Lemaire (Dreamland), Tony Valent (Radiant, exposé au Musée International du manga de Kyoto !), Maliki, Jenny (Comme un garçon), Rémi Guerin et Guillaume Lapeyre (City Hall), Elsa Brants (Save me Pythie), Yami Shin… ! La créativité est là.

Un grand merci à Ahmed pour sa sympathie !

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