Alchimia tome 2 : la jeune fille, les souvenirs, la guerre

Alchimia wallpaper

« Je sais qu’il est différent des autres. » (Saë)

 

Saë pourrait vivre tranquillement, avec sa famille d’adoption : Rubis la capitaine charismatique, Vidanno, le gentil cuisinier, et Ethiel, l’ami serviable. Saë naviguerait avec eux sur l’Atelier, leur bateau-maison, et pratiquerait son art. Car la jeune fille, comme ses compagnons de voyage, possède un don. Elle est alchimiste, et recueille la mémoire des humains.

 

Alchimia rouge

Las, il ne fait pas bon pratiquer la magie, en ces temps de tumulte. Le voisin Ifen ne supporte plus Alchimia, cité des alchimistes. Lire dans les esprits des gens, fouiller leur âme, voler leur pensée, pourquoi pas des plans de guerre et des secrets militaires ? Ifen décide d’anéantir Alchimia. La puissante armée terrorise et détruit la paisible cité des alchimistes.

Pour Saë et ses amis, c’est la fin des jours heureux ou le début de la lutte. Mais que faire, lorsque l’ennemi investit ses propres rangs ? Sauvée par Idan, un soldat ifenien, Saë ne sait plus que penser. Faut-il le livrer aux autorités d’Alchimia ? C’est un bel otage, ça, parfait pour faire chanter Ifen, idéal, pour soutirer des infos, des secrets militaires, allons donc ! Et après ? On l’enverra sous la lame de l’épée, disserter sur les atrocités de son peuple.

Mais faire ça, n’est-ce pas se comporter aussi tristement que les Ifeniens ?

 

Alchimia vol 2
Alchimia © Samantha Bailly / MIYA / 2016 / Pika

 

 

La jeune fille, l’alchimie, et la cicatrice

Après un tome 1 qui posait les bases de l’univers (foncez sur le Club shôjo lire ma chronique), le tome 2 creuse un peu plus l’intrigue. Les Ifeniens apparaissent sous un jour plus sombre encore, tandis que les Alchimistes se révèlent plus dangereux qu’il n’y paraissait. C’est la guerre, et aucun camp n’entend laisser le champ libre à son adversaire. Et tant pis s’il y a des dommages collatéraux. Les pertes humaines, les sacrifiés, on verra plus tard, quand on aura gagné.

Saë, elle, ne veut pas attendre et n’hésite pas à prendre des risques. Youpiiya ! J’avais peur qu’elle ne tombe dans l’affreux puits des héroïnes de bases. Si, parfois, elle se laisse un peu aller à la shôjesquerie facile (je sanglote, je suis une fille, l’homme me sauve), elle reprend vite son rôle de meneuse.

Pas de place pour la romance mièvre non plus. Et ça, c’est bien, très. C’est la guerre. Si on s’embrasse, c’est vite fait. On pense plutôt stratégie de combat. J’espère que la suite gagnera plus en tension, et que le gentil Ethiel s’imposera dans le game. Prends plus de place, man, plus de consistance ! Le boy next door, c’est bien à petite dose é_è.

 

Quid du pouvoir des alchimistes ? On a encore du mal à comprendre leur faiblesse face aux Ifeniens. Avec leurs pouvoirs, ne peuvent-ils pas croquer un bout de cervelle ennemie pour prendre l’ascendant ? Pourquoi se contentent-ils d’empaqueter les souvenirs des gens dans des fioles ? Le tome 3 nous révélera peut-être de nouveaux secrets…

Le dessin est sympa, frais, aéré. Dommage que Rubis soit aussi aérée du module 2. Une poitrine pareille sans soutien, c’est aussi de l’alchimie ? Je ne trouve aucun rapport entre son caractère, digne, et sa tenue. C’est comme Kusanagi et son body de Ghost in the Shell. #jecomprendspas.

 

Au bonheur des artistes

Miya et Samantha étaient présentes à Japan Expo ! Occasion, pour elles, d’échanger avec les fans (je n’ai, hélas, pu les rencontrer é_è) (on remettra ça !) En attendant, je souhaite une longue vie à Alchimia ! J’encourage tous les artistes, allez-y, foncez, c’est super !

Elle est là, la nouvelle vague du manga. L’art n’a pas de frontières. Les Japonais l’ont bien compris, et se tournent désormais vers d’autres pays, pour voir mieux, voir neuf. Et nous aussi, nous partageons notre amour du manga, le mêlons à notre propre culture pour une création nouvelle. Ce que je viens d’écrire est fort beau. Je trépigne. En avant, Saë !

 

La fiche technique

Titre : Alchimia

Scénario : Samantha Bailly ; dessin : MIYA

Editeur : Pika, 2016

Genre : fantastique, conflits politiques, romance

A lire dès 10 ans

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