Les Misérables

Les Misérables vol.1 et 2

L’histoire intemporelle, revisitée.

Il y a quelques temps, j’ai appris que Victor Hugo était raciste. Loin de s’en cacher, l’homme a développé toute une théorie pour différencier les êtres. J’eus bien du mal à comprendre comment pareil penseur, qui, avec les Misérables, livra une poignante analyse de son époque, put, en même temps, verser dans le racisme.

Jamais personne ne m’enseigna ce fait durant ma scolarité. Pour le monde, Victor Hugo reste l’illustre homme. Le visionnaire. Soit.

Les misérables en couleur

Takahiro Arai, l’auteur, a habilement revisité l’œuvre de Victor Hugo. Arai a mis un peu de lui-même, ses sentiments, sa manière de voir le roman. On peut le voir, notamment, dans sa façon de traduire la rage et le désespoir de Jean Valjean. Ce sont des bêtes infâmes, des monstres, les ténèbres. Hélas, je ne suis pas fan de ce bestiaire. Je suis plutôt du genre à m’attarder sur le regard, les tremblements, la respiration, la transpiration.

La misère aujourd’hui

Jean Valjean survit mal, avec sa sœur et ses 7 enfants. C’est trop. Tout le monde a faim. Jean élague les arbres pour nourrir sa famille. Ça doit être beau, au sommet de ces troncs gigantesques. On voit loin, de là-haut. Des robes qui font comme des corolles multicolores, des chapeaux haut-de-forme. Jean redescend. Toujours.

C’est l’hiver. Un hiver qui frappe comme la mort. Jean regarde sa sœur qui éructe, ces bouts d’enfants… Il voit un pain. Il le vole. On l’arrête. Les fers. Le bagne. La mort.

C’est long, dix-neuf ans. Jean sort du bagne. Jean, ou n°24601. Réduit à un numéro lorsqu’il était emprisonné, il ne sait plus qui est Jean Valjean. A-t-il encore de la famille, un foyer ? Où peut-il aller ? Partout, on le vomit. Et Jean a un visage comme un monstre, avec beaucoup de haine. C’est cette chose fracassée qui arrivera chez un vieil évêque… C’est la nuit. Et le froid frappe comme la mort.

Eternels misérables

Le tome 1 se consacre à la déchéance de Jean. Mais à travers les yeux de cet évêque, Monseigneur Myriel, on se prend à rêver. Il y a toujours un espoir.

S’il existe, il a fui loin de Fantine. La jeune femme, labourée par la vie, sa misère, sa dureté, n’a plus rien. On suit sa déchéance dans le tome 2. C’est frappant, cette manière qu’à Arai d’aller au plus près, de toucher ces sentiments terribles : la peur, la vraie, celle qui déforme le corps. L’auteur décrit avec justesse les tourments de cette fille simple, cette jolie amoureuse, cette mère courageuse, mais avec des rêves, encore. Mais les rêves disparaissent toujours. Le tome 2 se conclut de manière magistrale. Vivement la suite.

La fiche technique

Titre japonais : レ・ミゼラブル (re mizeraburu) | Titre français : Les Misérables

Auteur : ARAI Takahiro

D’après l’œuvre de : Victor Hugo (1862)

Le mangaka se base sur l’adaptation japonaise de l’œuvre originale par : Toshio Toyoshima

Edition japonaise : Shôgakukan, 2013

Edition française : Kurokawa, 2015

Série en cours : 7 tomes parus au Japon, 4 en France

Genre : historique, drame, critique sociale, seinen

A lire à partir de 14 ans

A toi d'jouer !

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :