Tokyo Tarareba Musume
Chroniques

Tokyo Tarareba Musume – le manga des trentenaires chic-choc

Parole de Tarareba Musume : et si j’étais ultra riche, avec le bisho, et la décapo ?

C’est la première collection que j’ai achetée en arrivant à Tokyo, dans les temps de jadis où quand on te disait “corona”, tu chantais “the rhythm of the niiiight”. Même que moi je criais “sissizeuh wili offe ze naïiite”.

Les Musume trentenaires chic

On les appelle les アラサ一 (arasaa) : les trentenaires. Collègues quarantenaires, vous êtes les アラフォー (arafoo). Amis cinquantenaires, je sais pas. Soixantenaires ? Dans mes bras virtuels ! Qu’on se tape le check holographique.

Rinko et ses pinco sont d’honnêtes trentenaires qui constatent que la vie en vrai, c’est moins fun que dans la tête. Rinko se rêvait grande scénariste. Elle écrit pour des web-drama. Kaori voulait créer son empire esthétique. Elle bosse dans un petit salon de nail art. Seule Koyuki semble s’en sortir. Elle travaille au Nonbe, le resto/bistrot de son père. Mais quand on gratte, elle aussi souffre de sa situation. Où sont les rêves de jeunesse ? Vivre, c’est l’angoisse. Les trentenaires noient leur frustration dans le sake du Nonbe et hurlent leur peine. Allez-y, ça fait du bien. Mais ça énerve, Key, nouveau client du bistrot aux cheveux blonds du futur. Accessoirement jeune mannequin bishi hautain et cynique. Le gars est d’une impertinence !! Allez-y les meufs, en avant pour le fight des générations XYZ.

tokyo tarareba musume vol 1
Les Tarareba Musume VS le Blond (moi aussi il me saoule, Key !!) / © HIGASHIMURA Akiko / Kôdansha

Si et seulement si

Tareba = et si ?

Musume = fille

Publié de 2014 à 2017 au Japon, Tokyo Tarareba Musume, c’est le manga chic-choc des trentenaires, by Akiko Higashimura, la super autrice de Princess Jellyfish. Good news : le titre sortira chez Le Lézard Noir, courant août/septembre. L’info datant de fin février, on espère que tout ira bien pour la maison d’édition. Quoi qu’il en soit, j’applaudis avec tous mes bras.

Les “Musume” d’Higashimura sensei ne cessent de s’interroger : “et si ?” “et si elles avaient pris une autre orientation ?” Leurs potes ont un boulot stable, mariées, avec des enfants et un appart dans le centre de Shinjuku (c’est cher, Shinjuku). Rinko, Kaori et Koyuki stagnent dans leur vie de célibataire aux fins de moins difficiles. Et si on pouvait revenir en arrière ?

J’ai une grande passion pour héroïnes et héros du quotidiens. On les appellent parfois “losers”, on dit qu’ils ont raté. Raté quoi ? Et quand bien même : ils ont le power, mais l’ignorent ! Dans Tokyo Tarareba Musume, Rinko, Kaori et Koyuki survivent dans un monde qui semble les rejeter. On rit avec elles, on se questionne, aussi. Le bonheur, c’est quoi au fait ?

tokyo tarareba musume - Rinko
Bonne question !! / © HIGASHIMURA Akiko / Kôdansha

Injonctions injonctions

Derrière l’humour, derrière les questions, la contestation. Les injonctions faites aux femmes sont nombreuses. Elles doivent rester belles, car la jeunesse arrive et rafle tous les gars. Etre indépendantes, mais pas trop, sinon le gars va fuir. Sourire, être fortes et fragiles, douces et prévenantes, pour que le gars se sente bien. C’est trop. Rinko et ses pinco craquent. Et si on arrêtait de vivre dans les clichés ?

Les hommes aussi souffrent. Que cache Key, derrière sa désinvolture ? Et Hayasaka san ! C’est le collègue de Rinko, producteur attentionné, poli, le cheveu soigné, les lunettes propres. Un gentil gars. Attention quand même. On attend des hommes un gros salaire et une grosse bagnole, avec beaucoup de pec et des grandes jambes. De la gentillesse, mais pas trop. Désinvolture chic, baby. Mais Hayasaka san n’a que faire de tout ça. Il reste lui-même, et c’est admirable. Il mérite sa propre série, son propre crew. Hayasaka président !!

Las, le monde préfère se rouler dans des stéréotypes prémâchés. C’est quoi le bonheur, donc ?

On pourrait croire que pour nos chères Musume, le bonheur, c’est le gars. Elles en parlent comme d’une brochette à se caler sous la canine. A contrario, vivre seul-e serait l’antichambre du no man’s land. Avec quelqu’un, c’est BBQ fever. Le bonheur doit-il vraiment dépendre d’une autre personne ?

Tokyo Tarareba Musume - Rinko karaoke
NOOOON !! (n’empêche Rinko se paie le karaoke Pasela) (Moi, je squattais le Uta Hiroba) (c’est le moins cher) (bref) / © HIGASHIMURA Akiko / Kôdansha

Seum seum Musume ?

Attention. La lecture du manga pourrait, parfois, faire remonter quelque peine chez le cœur en souffrance. C’est que les questionnements des héroïnes sont toujours d’actualité. Pire, avec la crise sanitaire actuelle, l’avenir est devenu flou comme never. Heureusement, Akiko Higashimura sait comment redonner le sourire. Après la peine, les rires. Et si on y allait à son rythme ? Si on fuyait !! C’est la rébellion version 2020. Prenons notre temps, comme chantaient les Poétic Lover. Le reste des paroles, c’est trop osé pour le blog.

Encore !

Enorme hit au Japon, Tokyo Tarareba Musume a fait des petits ! Des histoires courtes, un drama, dispo sur Viki, et, désormais, une suite, toujours signée Akiko Higashimura. Côté live aussi, ça continue. Les héroïnes de choc reviennent cet été, dans un épisode spécial. Je veux le voir haaaaa ! Espérons qu’il sorte, ensuite, sur Viki. Vive les Tarareba Musume !

A toi d'jouer !

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