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Dépasser les frontières shôjo/shônen : le manga selon Adachi

La génération Club Dorothée se souvient peut-être de Théo ou la batte de la victoire, ou d’Une vie nouvelle. Deux anime adaptés des manga Touch et Hi atari ryokô, de Mitsuru Adachi, le mangaka qui ouvre un autre regard sur le manga.

Le manga selon Adachi

Contrairement aux grosses licences shônen de son époque, Mitsuru Adachi gagne le cœur des fans par le naturel de ses histoires. L’auteur croque le quotidien. Pas de super pouvoirs et d’attaques spéciales. Chez Adachi, les héros sont des adolescents détonnent par leur banalité. Ils sont comme nous. Parfois maladroits, un peu flemmards, pleins de bons sentiments. Des sentiments qui ont, parfois, du mal à sortir. C’est compliqué, l’adolescence.

Dès les origines, le mangaka bouscule les stéréotypes avec ses romances. A ses débuts, il emprunte d’ailleurs largement au genre shôjo (manga Nine); Adachi est d’ailleurs l’un des rares à avoir été prépublié dans un magazine shôjo.

Le sport – le baseball – est, très souvent, la toile de fond des oeuvres adachistes : Touch, H2, Cross game, Q and A… Ultra populaire au Japon, le baseball déchaîne les passions. Les championnats interlycées enflamment presque autant que les rencontres pro. C’est du sérieux ! Le baseball, c’est aussi le passe-temps de générations d’enfants et de parents. L’on ne compte plus les images de père lançant la balle, le week-end, avec son fils.

Quand ce n’est pas le baseball, c’est la boxe (Katsu), la natation (Rough), ou le softball (Slow step). Deux titres se démarquent de l’oeuvre de l’auteur : Niji iro Tohgarashi (vie familiale/quête initiatique sur fond historique) et Jinbe (vie familiale et amours compliquées).

les héros de Touch, le manga phare de l'auteur
Minami et Tatsuya, les héros de Touch – © Adachi Mitsuru/Shogakukan

Un certain regard sur l’adolescence

Certains l’appellent « le maître des sentiments ado ». Un maître considéré à sa juste valeur au Japon – resté trop longtemps assez discret en France. Tonkam, puis Glénat, nous font découvrir les oeuvres du maître.

Chez Adachi, tout est dans le détail. La simplicité des dessins – en apparence – transcrit une grande maîtrise technique. Pas de fioriture, cependant. Chez Adachi, la mode semble être restée dans les 80′ : ambiance jube/jean/basket forever.

Et les filles ?

Derrière leur caractère bien affirmé (Kasumi/Hi atari ryôko ; Katsuki/Katsu) les héroïnes d’Adachi ont des réactions parfois digne des stéréotypes shôjo. Et quand elles sont promises à une grande carrière sportive, leur genre pose problème (Katsuki/Katsu ; Satomi/Idol A).

Concernant Idol A, le pitch promet une tournure autre qu’un Katsu. Satomi, fille du coach de baseball, et douée pour se sport, se voit refuser l’entrée dans le club car elle est… une fille ! Pour elle, c’est pompom girl et compagnie. Heureusement, Keita, qui lui ressemble physiquement – et qui est, accessoirement, amoureux d’elle – lui permet de réaliser son rêve. Satomi et Keita échangent de rôle. Satomi entre dans l’épique de baseball et Keita devient supporter. Las, le manga, lancé en 2011, ne compte toujours qu’un tome, au Japon et en France.

La touche Adachi

Un peu de romance, un peu de sport, un peu d’humour. Plus qu’une simple addition de différents éléments, l’auteur mélange, retravaille et effleure les sentiments. Ses personnages sont terriblements humains, et attachants. L’humour adachiste est particulièrement subtile, et inimitable.

Il faut partir à la rencontre de cet auteur inclassable. Depuis 2012, le mangaka (2014 en France) l’auteur retrouve le cadre de sa série phare – Touch – avec MIX, manga sur fond de baseball. C’est le moment de frapper dans la balle !

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