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La fin dans les manganime #1 : l’affaire Shaman King

« Amidamaruuuu ! [ATTENTION Y’A DES SPOILERS !! » (Yoh/Shaman King)

Fin : n.f.

« Achèvement, terme de quelque chose : Voir la fin des travaux. […]

Dernière phase, période terminale de quelque chose :  Avoir du mal à écrire la fin d’un livre. […]

Mort de quelqu’un : Sentir venir sa fin. […]»

Larousse.fr

Dernière séance

Je le rappelle ici : attention spoilers.

On distingue deux grands types de fin.

La fin fermée : y’a plus rien à dire. En général, le héros/l’héroïne, meurt.

La fin ouverte : le héros/l’héroïne a réalisé ou non son but, et voit de nouvelles possibilités se dessiner devant lui.

Mais parfois, on arrive à la fin d’une oeuvre, et on se dit : what ? En fait, il n’y a pas de fin. C’est « l’absence de fin ». Admirez comment j’introduis mon sujet.

Shamen King, ou l’histoire sans fin ?

C’est une absence de fin dont Hiroyuki Takei, le mangaka, se serait bien passée. Il précise, dans la postface du dernier tome.

Hiroyuki Takei fut forcé par Shûeisha, son éditeur, d’écourter le manga. L’on eût plutôt droit à une lente mise à mort, avec des derniers tomes étranges… Les protagonistes se battent partout, on ne sait pas pourquoi. Mais l’on pouvait encore faire quelque chose, non ?

Le dernier tome de Shaman King oscille entre baston wtf, rêves wtf, et absence totale de dénouement.

Yoh invite ses camarades à aller se coucher. Le « combat est proche. [Ils doivent] être en forme demain. »

Page suivante. Changement de décor : Manta raconte son rêve. Yoh et ses potes courent sauver la princesse Hao.

Page suivante. Assis dans l’herbe, Manta repense à son rêve. La seule façon de sauver Hao, « c’est le cœur ». L’adolescent aimerait aider Yoh. Anna arrive et sort le garçon de ses rêveries : « allez dépêche-toi ».

Page suivante. Anna tient en laisse un ancien ennemi, Anahol. Elle sous-entend qu’ensemble (Manta compris), ils vont retrouver Yoh pour délivrer Hao. Elle conclut, dans un sourire malicieux : « Je ne veux pas céder ma place de princesse ».

Fin.

Un fanart mikkiste que j’avais fait à l’époque (2015)

Shaman King : la polémique

Yoh n’est pas arrivé à l’étape : j’ai atteint mon objectif/ je ne l’ai pas réalisé. Il s’apprête à le faire. Mais l’histoire s’arrête. Il n’y a pas de fin.

Si l’on se souvient du contexte particulier dans lequel elle fut écrite, on peut trouver des circonstances atténuantes à l’auteur. A l’heure de gloire de Shaman King, la Shûeisha encouragea fortement Takei à poursuivre son manga. L’auteur, lui, avait sûrement établi un autre développement. Mais il dut céder devant les bons chiffres de vente, et allonger sa série. La suite ? Shaman King s’essoufle, le même éditeur impose d’abréger le manga. Comment bien conclure dans ces conditions ? J’apprécie la franchise de Takei, d’expliquer pourquoi Shaman King se termine ainsi.

Selon certaines sources informelles, Hiroyuki Takei aurait même appris l’interruption de sa série à quelques chapitres de la fin ! Imaginez son état. Moi qui tiens les « personnages » (je n’aime pas ce mot) (bref) en haute estime, apprendre que, subitemment, leur vie s’arrête, serait un crève-coeur. Ils vivent, bordel. On a tué Yoh et sa bande. Voilà. C’est dit.

Certains maintiendront que la série s’essoufflait depuis plusieurs tomes, que l’auteur aurait dû se ressaisir. Ah, que de cruauté. Il s’est ressaisi, voilà ! Shaman King s’est vraiment terminé ici, et reviendra même sous un nouveau titre.

© Hiroyuki Takei / 1998 / Shûeisha Inc.

La rencontre

En 2007, je surmonte mon hikikomorisme latent pour braver Japan Expo. J’assiste au meeting avec Yoshiki (vive X JAPAN !). Amatrice de débats et de conférences, je me trouvai une place de choix (j’avoue, j’étais plutôt au fond, ok) pour la conférence de Hiroyuki Takei.

L’auteur évoque Shaman King et parle de ses nouveaux projets. Il ne répond cependant pas vraiment aux questions concernant l’arrêt brutal de la série. C’est qu’à côté de lui, un homme moulé dans un sobre costume noir, aux cheveux mi-longs tirant sur l’acajou (je suis précise), vrille des yeux sévères, tantôt sur nous, tantôt sur Takei, en mode : non, ça, tu réponds pas. C’était un peu space, à certains moments. Le mec acajou ne parlait jamais, hochait la tête, mais tu sentais que le boss, c’était lui. Lisez donc l’interview très sympa, signée la team Manga news.

En attendant la suite des fins, on se replonge et on s’ambiance avec Shaman King.

 

 

 

A toi d'jouer !

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