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La fin dans les manganime # 3 : made in Adachi le romantique

Dans cette 3e partie, y’aura du spoil gratuit.

Précédemment dans La fin dans les manganime.

Avec la fin fermée, que le héros/l’héroïne ait accompli ou non son objectif, aucun horizon ne se dessine. A contrario, avec une fin ouverte, de nouvelles perspectives s’ouvrent. A noter que ces perspectives peuvent être aussi bien positives que négatives, genre, ça ouvre sur un monde dominé par le mal >_<.

Menu spoil du jour : Adachi le romantique

H2, Jinbe, Cross Game, Niji-iro, Katsu, Touch, Rough : du 100% Adachi !

Le point presse avant la suite

Je travaille dur, en ce dimanche 26 juin 2016, alors la France de Griezmann a gagné ! +1 pour les cheveux de Giroud. As-tu remarqué comme cet homme fait tout avec sa tête ? Tout, tout, dans le cuir chevelu ! Bon, je fais genre je m’intéresse au foot, mais en fait, mon cœur ne vibre que pour le patinage artistique. Grrr, ces patins qui fendillent la glace.

La fin dans H2 : incompréhension ?

Le temps d’une demi-finale, les amis-rivaux Hideo et Hiro peuvent enfin s’affronter. C’est Hiro qui gagne. Il n’a cependant pas gagné le cœur de la belle Hikari, qui choisit Hideo.

J’y vois un message d’espoir pour tous les perdants. Ne désespérez. L’amour viendra quand même. Il y a une justice, dans ce monde.

Hiro comprend et accepte sa défaite, se retrouve, dans les dernières pages, avec la mignonne Haruka. Il semble plus fataliste que ravi  : si elle éprouve des sentiments pour lui, lui désirait Hikari. L’histoire se termine sur le coup d’envoi de la finale.

J’étais choquée. La fin ressemble trop à une fin de chapitre ordinaire. Je l’aurais même classée dans la catégorie « non fin », si les héros n’avaient pas atteint ou perdu leur objectif. Ici, le match sportif, et surtout, amoureux, trouve une issue. La pauvre Haruka fait de la peine. Elle me rappelle Nitta, de Touch.

H2, c’est l’accident adachiste. C’est son manga le plus long, et le moins intéressant sur la durée. Du moins, pour moi. Le titre a mis du temps à demarré. Vers le milieu, accélarateur, je suis à fond. Tout retombe dans la dernière partie. Un accident, je vous dis.

Rough

Côté « fins qui suscitent le débat » on a aussi du lourd, avec Rough. Les fans se divisent : fin pourrie, ou génie adachiste ? C’est vrai quoi, tout était dans le titre : « rough », « inachevé » ! C’est la leçon du maître.

62e finale du 100m nage libre hommes. Keisuke Yamato VS Hiroki Nakanishi. Les deux sportifs sont aussi rivaux en amour : Ami Ninomiya a t-elle, enfin, fait un choix ?

Ecouteurs dans les oreilles. Keisuke se relaxe avant la compétition. Mais son baladeur cesse brusquement de fonctionner. Il l’abandonne dans un panier à linge, et va se mettre en position. Le coup de sifflet retentit… Et le baladeur se remet en marche. On entend la voix de Ninomiya : « C’est toi que j’aime » « Ici Ami Ninomiya » « Réponds-moi, Keisuke Yamato ».

Je trouve cette fin très jolie, un peu frustrante. Romantique, comme Adachi sait les faire. Rough est l’un de ses meilleurs manga. Au dessin, comme au scénario, il est au sommet. L’on imagine des jours heureux, pour les deux héros.

Jinbe

Le « maître des sentiments ados » est aussi celui qui amène la polémique. En effet, dans Jinbe, Adachi parle d’inceste. Egalement présent dans Niji-iro Tohgarashi, le mangaka aborde ce thème sensible « à la romantique ». Malaise.

Devant un grand aquarium, Jinbe, de dos. Il entend des bruits de pas et se retourne. C’est Miku, sa fille. Enfin, la fille de sa défunte épouse. Mais Jinbe l’a toujours considérée comme sa propre fille. Miku s’arrête devant Jinbe. On voit leurs ombres, de profil. Miki invite Jinbe à manger.

Ici, Miku ne se comporte pas en « fille », ni Jinbe en « père ». Un court texte en encadré nous éclaire : s’ils comptent rester ensemble, ce ne sera pas en tant que père et fille.

La première fois que j’ai lu la fin de Jinbe, j’ai pensé : euh… ? Sérieux, là ? C’est ambiance Woody Allen ou quoi ? Si Jinbe et Miku ne sont pas condamnables sur le plan légal, ils le sont sur le plan moral. Adachi réussit cependant à nous expliquer avec pudeur et douceur leur quotidien et leur souffrance. Jinbe est, pour moi, une œuvre à part, dans la carrière du mangaka. Les personnages sont tous adultes, ou en passe de le devenir. Si l’humour adachiste est toujours présent, le ton se veut plus mature.

Cross game

Encore une fin sentimentale, la marque de fabrique d’Adachi sensei.

Kou et son équipe ont gagné contre Ryuoh. Le rêve de Wakaba se réalise : en route pour le Koshien ! Mais Kou ne part pas seul : Aoba l’accompagne.

Les voici à la gare. La fille prend la main du garçon : le train va arriver ! Il s’étonne : « Depuis quand on se tient la main ? » « Si ça ne te plaît pas, tu peux t’éloigner » « Entendu ». Il ne s’éloigne pas, au contraire. Tenant fermement la main de la fille qu’il aime, il repense à ses souvenirs, douloureux et heureux. L’histoire se conclut sur un clin d’œil au titre du manga : « On dit que trouver un trèfle à quatre feuilles apporte bonheur et chance. »

Rien à dire. Doux, sensible. Du grand Adachi.

Has been ?

Alors que chez certains, on se pécho dès le début, chez Adachi, c’est vive les paraboles. Pas de rapprochement physique. Ça, c’est réservé pour le grand final : le serrage de main pour Cross Game, le bisou pour Katsu (et encore, on ne voit que les ombres !), un toucher de front dans Touch suivi du fameux bisou : et là c’est pire, car on ne voit rien ! Juste la pointe des pieds soulevés de Minami ! Dans Niji-iro Tohgarashi, on a droit à une image des jeunes mariés, assis côte à côte. Et c’est tout !

Adachi est-il has-been ? Oui, non, à chacun de se faire un avis (la réponse bidon). Pour moi, l’auteur a surtout un style. Chez lui, tout se fait en pudeur, en douceur. S’en dégage un romantisme délicat, drôle et attendrissant. Mais, dans un monde où l’on montre trop, Adachi fait le choix de laisser les lecteurs et lectrices imaginer, et rêver.

A toi d'jouer !

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