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Heartbroken chocolatier – le manga doux-amère de Setona Mizushiro

Passion chocolat.

Enfin ! C’est la fin des petites aventures de notre chocolatier au cœur brisé. J’ai couru chez mon cher libraire acquérir le dernier tome. Non, en fait, j’ai rampé. Il faisait chaud.

Le chocolatier au cœur brisé

Sohta est amoureux. Il n’a pas choisi la facilité, est parti donner son cœur à Saeko, la plus belle fille du lycée. Tout le monde aime Saeko. Sohta colle ses petits-amis pour se faire voir, et ça marche. On ne sait s’il faut être fier… Sohta, lui, jubile ! Il grandit, son amour aussi. Le voici qui atteint son rêve ultime : il devient le petit-ami de la jolie fille.

Saint-Valentin. Sohta décide de montrer toute la puissance de son amour. Il lui fera des chocolats. Elle aime tellement ça ! Elle n’est pas libre le 14 ? Tant pis, ça sera le 13. Un jour avant, un jour après, rien ne compte, ils sont amoureux. Vraiment ?

Sohta se réveille comme dans un cauchemar. C’est la réalité. Il est seul, seul avec son amour ! Saeko l’a t-elle jamais aimé ?

Les gens compliqués

Heartbroken chocolatier, c’est Sohta qui aime Saeko, Saeko qui l’aime on ne sait comment, Kaoruko qui ne l’aime pas du tout, parce qu’elle fait du mal à Sohta. Mais Oliver la soutient étrangement, car elle donne de l’inspiration à Sohta. Si seulement Matsuri pouvait le regarder, lui aussi… Ah, c’est ce que voudrait Elena, mais ça ne serait pas un peu bizarre ?

Et tout ça tourne et tourne, tout ça coule et se solidifie, tout ça devient amer et sucré. C’est toujours bon, le chocolat. Tant mieux. Ça apaise, ça soigne, ça occupe.

Sohta est compliqué. Son amour pour Saeko est une obsession dangereuse, presque une idolâtrie. C’est pour Saeko qu’il est devenu chocolatier. Pour elle, qu’il confectionne ces gourmandises avec tant d’application. Si seulement elle n’était qu’une muse. Mais elle est bien plus. Elle le tourmente, le malmène… il est toujours là, avec son amour débordant !

La tentation

A quoi joue Saeko ? Elle minaude, elle se marie, minaude encore… C’est le genre de fille un peu chouchoute, un peu mignonne. Elle agace et attire en même temps. Ses défauts, elle ne semble pas les cacher, au contraire ! C’est une petite précieuse. En apparence, en tout cas…

C’est ce qui insupporte Kaoruko. Ancienne salariée du père de Sohta, la trentenaire a suivi le fils dans son aventure chocolatière. Elle le soutient lorsqu’il ouvre sa chocolaterie « Choco la vie », l’encourage et l’assiste. C’est un peu la grande-sœur. Elle est fière de sa relation privilégiée avec le chocolatier. Elle ne comprend pas pourquoi il s’acharne dans son amour unilatéral. Il mérite mieux. Il mérite une autre femme ?

Elena n’approuverait certainement pas. Quoique, après, peut-être… Mannequin, la jolie femme rencontre Sohta lors d’un anniversaire. Ils ne se quitteront plus. Comme lui, elle vit un amour à sens unique. Ils se consolent comme ils peuvent… Est-ce bien, est-ce mal ? Ils sont humains, eux aussi.

Il faut donc pardonner leurs petits écarts, leurs crises de jalousie, leurs incompréhensions… Olivier pardonne, lui. Il surveille, tout de même. Il s’impatiente, s’énerve… C’est aussi ça, être amoureux. Il ne veut pas toujours être gentil. Le cœur n’est pas une serpillière. Il faut être méchant, se faire désirer. Etre un bad guy.

Le chocolatier rêveur

J’aime bien le style Mizushiro. C’est direct, intense, insolent, cru. Certains jugent son style de dessin froid, chirurgical… C’est vrai qu’il y a peut-être un petit côté « rigide »… mais ses personnages, eux, sont chauds, chauds, chauds ! Dans L’infirmerie après les cours, ou encore Le jeu du chat et de la souris (<- ceci est un boy’s love…), on retrouve toujours ces gens passionnés, qui se jettent avec ardeur dans le gouffre, qui se mutilent – ils le savent, ils sont volontaires. Ils se souillent, se brisent, élaborent des stratagèmes qui les détruisent un peu plus… Ils sont égoïstes, cyniques, fragiles… C’est aussi ça, vivre.

La souffrance aurait-elle du bon ? Tout dépend de la souffrance, me direz-vous. Sans cet amour comme un feu dévorant, Sohta ne serait jamais devenu chocolatier. S’il avait été sage et raisonnable – c’était ce qu’il y avait de mieux à faire, pour ne pas souffrir – il ne serait peut-être pas devenu si connu. Sohta a souffert. Terriblement. Il a grandi dans cette douleur, est devenu un chocolatier reconnu. Faut-il dire merci, alors ? Est-il heureux, maintenant ?

Le chocolatier amère ?

Tout de même, la lecture du tome 9 m’a laissée quelque peu… Non, vraiment ? Mais qu’attendais-je, moi ? De l’explosion, du feu ? Non, non, mais j’ai eu l’impression que la mangaka s’ennuyait. Ne faites pas ce regard étonné ! J’ai de la peine à l’écrire ! Ce tome 9 m’a semblé – ah, il faut que je pèse mes mots – il m’a semblé un peu moins bon que les précédents. Il y a une banalité qui se dégage de ce tome, quelque chose comme de la lassitude, comme un soulagement : « enfin, c’est fini ! »

Malgré cela, Heartbroken chocolatier reste une très belle lecture ! Je vous recommande cette série. Personne n’est complètement gentil, tous ont ces choses qu’ils voudraient cacher… Oh, et puis ces chocolats ! Je voudrais tant les manger ! C’est une torture que de lire un manga avec toutes ces gourmandises, là, sous mes yeux, je veux engloutir les pages !

Il faut lire Heartbroken chocolatier ~ c’est bien aussi, la réalité. Ça a très bon goût !

La fiche technique

Heartbroken chocolatier – série finie en 9 tomes

Titre japonais : 失恋 (Shitsuren) Chocolatier

Auteure : MIZUSHIRO Setona

Date de publication : 2009 (Japon) | 2010 (France)

Editeur : Kaze Manga

Aucun commentaire

    • Madame Fujoshi

      Oui, tu verras, le manga vaut le coup ! Il est vraiment bien, « actuel », comment expliquer ça… Mizushiro sait capter l’air du temps. C’est moderne, voilà (tout ça pour ça…)
      Le drama ne fait pas honneur au manga, je trouve. MatsuJun était bof, je suis d’accord @_@

A toi d'jouer !

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