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Saiyuki – le road trip funky à la sauce yokai

Quatre bishi à l’aventure, youpiya.

Je me souviens, à l’époque où l’anime passait sur la chaîne Mangas, j’écrasais mes yeux de requin contre ma télévision, dans l’espoir de suivre les aventures de Sanzo et sa bande depuis la mosaïque. Eh oui ! « Mangas » était une chaîne payante… Mais j’avais trouvé la parade. Le génie, je vous dis. Certes, au bout de quelques minutes, le son se coupait. Il me suffisait de changer de chaîne, et de revenir sur mon programme. Le génie, vous dis-je.

Depuis, je porte des lunettes.

Saiyuki valait-il la peine que je bousille mes globes occulaires ? Gros succès dans les années 2000, Saiyuki, c’est le road trip cool à la sauce gunfight, sur un lit de yokai (les démons japonais) : Sanzo, Hakkai, Gojyo et Goku parcourent le monde – vers l’ouest, toujours ! Objectif : sauver l’équilibre fragile humain/yokai…

Les drôle de gars de Saiyuki

Kazuya Minekura, c’est la fille qui rend les mecs BG. On ne sait pas vraiment où ils vont – c’est vague, l’ouest – Tant pis, on les suit. Car avant tout, Saiyuki, c’est les aventures de quatre bishi bizarres…

Gangyo Sanzo, est censé être un moine bouddhiste de haut calibre : le titre de « Sanzo » n’étant pas donné à n’importe qui. Problème : le Sanzo de Saiyuki boit, fume, et se trimballe avec un flingue… Anti-héros par excellence, qui cache d’horribles plaies mal cicatrisées.

Sanzo | Saiyuki © Kazuya MINEKURA

Cho Hakkai. C’est Le cerveau de la bande. Il paraît calme, mais a le sang chaud ! Hakkai cultive le mystère. Quelle relation a t-il avec les yokai ?

Hakkai Saiyuki | Saiyuki © Kazuya MINEKURA

Sha Gojyo. Lui aussi est chaud bouillant, mais pas comme Hakkai. Avec Gojyo, c’est plutôt « nanas et compagnie ». Mais lui aussi cache un lourd passé.

Gojyo | Saiyuki © Kazuya MINEKURA

Son Goku, ou la une mascotte du groupe, passionné de bouffe et de baston. Jeune, naïf, Goku est l’item « mignon ». Quoique… c’est un vieillard, en fait. Yokai de plus de 500 ans, il a été sauvé par Sanzo… Lui aussi a souffert.

Goku | Saiyuki © Kazuya MINEKURA

Variation funky

Variation très trendy et pop que cette version de « Saiyuki ». Minekura puise son inspiration dans le très célèbre roman chinois « Le voyage vers l’Occident », où le voyage d’un moine bouddhiste et de ses trois fidèles compagnons… Dans le roman, ce sont des animaux : le cochon aux huits vœux (Zhu Bajie), le singe de la montagne (Sun Wukong), le bonze des sables, ou conscience de la pureté (Sha Wujing), et le moine bouddhiste Xuanzang.

Dans le Saiyuki de Minekura sensei, des espèces de savants fous brisent l’interdit en pratiquant de mystérieuses expériences magico-scientifiques. Leur but : ressusciter Gyumao, le démon taureau. Leur petite magie bouleverse le Togenkyo, paradis terrestre où cohabitent humains et yokai. Ces derniers, contaminés par la mauvaise magie, retrouvent leur instinct bestial et dévorent les humains. La déesse Kanzeon dépêche Sanzo pour empêcher la terrible résurrection… Hakkai, Goku et Gojyo sont embarqués dans l’aventure… ou la torture ?

Les anti-héros

Dans Saiyuki, il n’y a pas les gentils d’un côté, les méchants de l’autre. Sanzo et ses amis ont commis des actes condamnables. Les gens qu’ils affrontent, eux, cachent aussi leurs fêlures… Les yokai ont des sentiments. Ils ne sont pas si différents des humains.

Kogaiji, le « méchant », est, au fond, un torturé. C’est le fils de Gyumao, mais il ne semble pas vraiment suivre les désirs de ceux qui cherchent à le ressusciter. Kogaiji a des valeurs, il se bat loyalement, sait reconnaître le talent de ses ennemis. Il prend également soin de ses compagnons. On est très loin du méchant idiot, sans saveur.

Et si ce n’étaient que des histoires de famille, tout ça ? Des conflits de gens qui s’aiment et se détestent, de gens enchaînés malgré eux, qui tentent de fuir, de vivre, libre, de s’extraire de cette terre contaminée ? C’est la philosophie de Sanzo : être libre, loin des dogmes insipides.

© Kazuya MINEKURA

Saiyuki land et cie

Hélas ! Ils se perdent, tous. Leurs aventures doivent les saouler, peut-être… Car que se passe t-il, au final ? Je lis Saiyuki, je lis la suite, les Reload… mais rien, je ne vois rien !

Ces quatre héros en voiture affrontent leur passé, se battent parfois, se rencontrent des gens. Ressort cependant, de leurs aventures, un sentiment de vide. Le fil conducteur, on le perd, on veut s’y accrocher, on l’aperçoit au loin… c’était un leurre !

Dans les Reload, même punition. Minekura se répète. Je suis mauvaise : dans les Reload, on voit plus de choses, on entre un peu plus loin dans les cervelles de ces bishi cassés. Mais je croyais avoir fait le tour, moi ! Je ne sais même plus si c’est intéressant.

Demi-teinte

L’intérêt revient un peu avec Hazel. Un peu. Encore une fois, c’est embrouillé, on lit mal les scènes de combat. C’est une marque saiyukiste ? Je m’en passerais bien. C’est dommage, ça décrédibilise un peu plus le soi-disant côté « baston » du manga. Au final, ils bavardent. Il ne faut pas faire de concurrence à nos amis les Chevaliers du zodiaque !

Las ! Encore une fois, j’insiste, je suis comme ça. L’intrigue principale, ces gens qui veulent ressusciter Gyumao… on finit par ne plus s’en soucier. Les gens droits comme Kogaiji deviennent plats et nuls. Les scientifiques machiavéliques, deviennent juste bêtes. Comment s’appelle ce médecin binoclard qui fomente pour le retour de Gyumao ? Je ne sais pas, j’ai oublié. C’est triste !

Saiyuki version Panini

Parlons un peu de l’édition signée Panini. Cases assombries par endroits, bulles qui se perdent… Le travail parfois maladroit de l’éditeur rend indigeste le coût des manga (environ 10€ le tome). Rassurons-nous, ce n’est pas le massacre des Host club, heureusement…

Pour revenir sur le prix. J’espère que vous avez terminé votre collection des Reload, car certains tomes sont devenus rares… Je pense surtout au tome 6, qui coûte environ 45€ sur Amazon, et 80€ chez la Fnac. Je pas mon délire, Amazon. Quand je ne peux pas me fournir chez mon libraire, je laisse tomber (oui) ou je tente la Fnac. Mais 80€… Je me suis finalement rabattre sur l’édition anglaise (Tokyopop, 16€).

La fin ou la suite ?

Et la suite ? Car à la fin des Reload, on ne sait toujours pas. L’ouest, c’est vaste, je ne plaisantais pas.

Minekura est toujours active. La mangaka a eu des problèmes de santé il y a quelques années… Chère sensei, j’espère que vous vous portez mieux >_< ! J’aimerais tant la revoir, avec ces héros trendy, avec une histoire vraiment solide, un fil conducteur. Aligner des chroniques aventuro-comiques, c’est bien. Fouiller dans le passé de ses héros aussi. Mais des personnages charismatiques seuls ne font pas l’histoire. Ils doivent avancer. Trouver quelque chose, à l’ouest.

La fiche technique

Les manga

Gensoumaden Saiyuki ~ 幻想魔伝最遊記 | Kazuya MINEKURA | série finie en 9 tomes

Editeur : Issaisha, 1997 | France : Panini, 2003

Gensoumaden Saiyuki Reload ~幻想魔伝最遊記 Reload | Kazuya MINEKURA | série finie en 10 tomes

Editeur : Issaisha, 2000 | France : Panini, 2007

Les anime

Saiyuki | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2000 (Japon) ; 2004 (France)

Saiyuki requiem (film) | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Kaze | Date de sortie : 2001 (Japon) ; 2005 (France)

Saiyuki reload | studios Pierrot

Réalisateur : Hayato DATE | chara design : MORIYAMA Yuji – MOTOYAMA Yuji

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2003 (Japon) ; 2007 (France)

Saiyuki gunlock | studios Pierrot

Réalisateur : Tetsuya ENDO | chara design : Noriko OTAKE

Editeur VF : Déclic images | Date de sortie : 2004 (Japon) ; 2006 (France)

Aucun commentaire

  • Toko

    Si tu suis le twitter de Minekura tu sais que Saiyuki continue avec « Saiyuki Reload Blast ». Deux tomes ont été publiés au Japon. La prépublication est en cours dans le Zerosum avec un chapitre tous les deux mois, le prochain est prévu dans le Zerosum du 27 février. Ah oui, on a fait la connaissance du dernier Sanzo (c’est une femme) et dernièrement la mission leur a été retirée…. Quoi je spoile ?? Mais non mais non ^_^ De toute façon Panini a lâché l’affaire, d’ailleurs ils viennent d’abandonner la licence Saiyuki…
    Et aussi, le calendrier est juste trop beau ainsi que l’image cadeau. Son trait c’est vraiment amélioré, les gars sont de plus en plus beaux, on se demande où elle va s’arrêter 😉
    Sinon, je voulais te dire que c’est La Rose de Versailles qui m’a amenée sur ton site. J’adore trop ce manga.
    Sinon on se linke si tu veux ?

    • Mikki Forever

      Ne te moque pas… Oh, et puis si ! Je ne suis pas sur Twitter @_@. Je ne sais pas comment fonctionne ce média révolutionnaire è_é. Je compte cependant m’y mettre ! Et justement, je suis allée sur le Twitter de Minekura sensei : je suis ravie qu’elle poursuive l’aventure ! Saiyuki a un univers riche, propice à moult développements. Quel dommage que Panini ne suive plus la série… (Panini >__<) J'ai essayé de parler de cette histoire magnifique à travers mes modestes articles.

      Merci pour ton commentaire ! Au fait, se linker, c’est sur Twitter, j'imagine ? (la fille qui connaît rien…)

A toi d'jouer !

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