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Versailles no bara ~ à la Cour de Versailles

La Cour ébranlé, le jour du malheur est arrivé.

Précédemment dans Versailles no Bara.

La Révolution marque, pour l’Histoire, l’entrée officielle de la France dans l’ère des incertitudes. Car le pays était gangrené, bien avant la Révolution ! Les dettes astronomiques de l’Etat ne sont pas nées en un jour. Mais la Révolution et ses conséquences provoqueront un véritable traumatisme. Un roi, une reine seront décapités : crime impensable, à l’époque où le souverain était censé tenir son pouvoir de Dieu. Dieu seul pouvait donc le juger…

Suite de notre semaine consacrée à Versailles no bara – quand les rues de Paris s’engorgent – et le sang et les hommes – toujours divisés, pour le plus grand malheur du royaume France

A la Cour de Versailles

Aujourd’hui, il peut être difficile, pour nous, de comprendre le sentiment de l’époque. Il est pourtant indispensable de rappeler ce contexte, qui explique la fureur de Marie-Antoinette, lorsqu’elle verra le peuple se soulever contre elle, vouloir la traîner devant les tribunaux (l’affaire du collier). Dieu seul pouvait la juger. L’ordre était ainsi fait, et ne devait pas changer. C’est cette même conscience d’une stricte séparation entre les hommes qui explique, du moins, en partie, pourquoi les souverains et nombre d’aristocrates ne voulaient renoncer à leurs privilèges.

Rumeurs de révolution

La Révolution n’est donc pas brutalement tombée sur la France. Versailles no Bara le montre clairement. Les libertés prises avec l’Histoire, la vraie, sont d’ailleurs minimes. Riyoko Ikeda a su transposer tous les maux de cette époque, incarnés par des personnages transpirants d’humanité.

Versailles, c’est la gloire de la France. Louis XIV a guerroyé pour avoir, lui aussi, sa vitrine. A l’époque, le luxe ostentatoire est un mal nécessaire. On assoit le pouvoir dans l’or, dans les châteaux. Celui de Versailles aura coûté la vie de milliers de sujets. Rien n’était, ni trop affreux, ni trop indécent. Sur ordre du roi, la masse humaine travaillait et le jour et la nuit, était fouettée pour retrouver sa vigueur, et œuvrer, encore et toujours, pour sortir le château de Versailles de terre. Ce bijou artistique est, quelque part, couvert de sang. C’est un monstre coquet et amoral. Il n’a aucun regard pour le peuple sacrifié. Il ne peut ressentir aucune compassion. Comme dit plus haut, l’on ne peut comprendre cette pensée aristocratique si l’on raisonne à l’aune de nos normes et valeurs actuelles.

Des êtres – hélas ! trop peu nombreux – se sont soulevés contre cette vision du monde. Oscar en fait partie. Elle s’oppose à l’ordre établi, aura l’audace de tourner le dos à son rang. Crime insensé et odieux, à l’époque. Action tout aussi périlleuse aujourd’hui. Même si l’on veut croire au rapprochement des hommes, les différences divisent toujours autant.

La société de Cour

La Cour de Versailles, c’est cette société de commérages et de mensonges, de trahisons et de débordements. Mais tout va bien, tant que le tumulte est assez faible pour être contrôlé. Louis XIV a gardé, du traumatisme de la Fronde – qui voyait toute la Cour unie contre sa mère, la régente Anne d’Autriche, et Mazarin, son ministre – la certitude que les ragots sont utiles, et nécessaires. Diviser pour mieux régner. Tout faire pour que la Cour ne s’unisse jamais. Cette vieille stratégie est, elle aussi, toujours d’actualité. S’immiscer dans le camp de l’adversaire, saisir la moindre occasion pour le faire chanceler. Le monde politique actuel n’est pas avare en exemples.

Et s’ils existaient tous, aujourd’hui ? Oscar et André seraient des lanceurs d’alerte. Déraisonnons véritablement : Louis XVI finirait par se ranger, lui aussi, du côté de l’ordre juste. Celui qui n’opprime pas son prochain, celui qui considère chaque vie indépendamment de la richesse, du statut, des honneurs. On l’a dit : c’est un rêve, ou un cauchemar. A suivre…

A toi d'jouer !

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