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Japan sinks 2020 – la fin du monde où l’apocalypse selon Netflix

La tragédie et le jour d’après.

Attention : article bourré de spoilers mikkistes. Vous voici prévenu-e.

Avant Japan sinks 2020

On l’appelle le “Big One”. Son spectre réapparait lors du séisme qui toucha la région d’Osaka, en 2018. Selon les scientifiques, Tokyo devrait s’attendre, un jour, à être frappée par le Big One. Chaque grand séisme ravive les traumatismes d’un pays, qui, hélas, doit vivre avec la menace de la catastrophe naturelle.

Le romancier de science fiction et scénariste Sakyo Komatsu (1931-2011) en fait le sujet de son roman. En 1973 son œuvre phare 日本沈没 (Nihon chinbotsu) – l’œuvre est plusieurs fois réeditée en France, sous le titre La submersion du Japon. 256 pages d’effroi, dans un Japon dévasté par les catastrophes naturelles. Le réalisateur Masaaki Yuasa (The Tatami Galaxy, Devilman Crybaby – dispo sur Netflix) adapte le roman en anime. Un anime court (10 épisodes), où chaque pas est une chute dans l’inconnu, ou la mort.

Japan sinks 2020, le commencement

Le premier épisode captive. Ayumu, adolescente promise à un bel avenir sportif, plaisante avec ses amies du club d’athlétisme quand le drame survient. Un tremblement de terre. Un autre. Encore un autre. Le petit-frère d’Ayumu, Go, est à la maison, en pleine partie de jeu vidéo. La mère d’Ayumu est dans l’avion qui la ramène à Tokyo. Le père d’Ayumu est en haut d’un gigantesque échafaudage. Tout s’effondre. C’est la fin.

Le scénario de Japan sinks 2020, signé Toshio Yoshitaka, nous plonge dans l’horreur et la désolation. Ayumu est en état de choc. Son amie implore son aide. Ayumu s’enfuit. Qu’aurions-nous fait à sa place ? Il n’y a pas de super-héros, dans Japan sinks. Au contraire : Masaaki Yuasa révèle les pires bassesses de l’humain : les racistes, qui ne veulent sauver que les “purs Japonais” ; les pleutres cruels, prêt à tuer leur prochain pour économiser une boîte de sardine ; les sauvages, les agresseurs. Fini la solidarité. La terre vomit sa violence. Les humains suivent.

Les qui pèsent dans le game et les autres

Dans Japan sinks, pas de super-héros, mais des gens qui sortent du lot. Le père d’Ayumu est trop balaise. C’est l’homme fort, rassurant et positif. L’histoire n’aurait pas pu continuer avec un tel cador. J’ai senti qu’il ne ferait pas long feu. Il meurt très vite, effectivement. Dans une nouvelle action héroïque pour apporter quelque igname à sa fille qui refuse de croquer dans le sanglier. Ayumu s’en veut. Les disputes éclatent entre la mère la fille. Le groupe amputé galère. Il faut attendre l’intervention de Kite, YouTubeur de génie, pour que le groupe retrouve le droit chemin. Ultra charismatique, Kite sauve les héros à plusieurs reprises. L’histoire avance régulièrement par l’intervention de ces gens supersoniques sortis du chapeau. A force, on débusque même quelques grosses ficelles. Dommage.

A côté de ces cadors, l’héroïne, Ayumu, fait pâle figure. Son petit-frère, Go, est insupportable. Jugez plutôt : il tient des propos grossophobes (oui !); rechigne à manger ses légumes (est-ce le moment de jouer les tatillons ?); parle anglais toutes les 3 minutes et c’est relou. Lâcher des “of course” ou des “why not”, pour la déconnade, OK. Moi-même excelle dans la pratique (pas modeste, la fille). Mais construire des phrases entières, et avec sérieux, jacasser sans savoir si l’interlocuteur parle anglais, non merci.

Pire : la mère d’Ayumu enfonce elle-même sa fille en lui expliquant l’origine de son prénom. Ayumu (= marcher) c’est celle qui marche, même si elle est lente. Go, lui, c’est top départ, GO ! Est-ce un hasard ? La fille, c’est la lente, celle qui bute contre les cailloux.

Une histoire bancale ?

Encore une fois, les personnages masculins sont bien mis en avant. Seule la mère d’Ayumu sauve un peu la mise – et l’autre femme pro de la baston. Go semble même plus vif que sa grande-sœur. Tristesse.

On parle de la blessure d’Ayumu ? (épisode 1). Elle bosse dans l’hôpital d’une secte, blessée. Elle sort de la secte, blessée. A aucun moment elle ne s’est dit : tiens, posons une petite bandelette sur la gambette ? Quand son pote Haruo se fait transpercer l’épaulette, la mère d’Ayumu et Kite le soignent avec leur arsenal pharmaceutique. Ayumu, elle, reste avec son trou dans la jambe. Alors même qu’elle a de quoi se faire soigner, elle préférè grimacer avec son mollet qui pourrit. Elle finit amputée. Faut-il pleurer, ou se scandaliser ?

D’autres développements de Japan sinks 2020 sont à cette image. Bancals. L’on veut provoquer l’émotion. L’on n’amène que des interrogations, ou des rires : quand viendra le prochain mort ? Car ils tombent tous, un à un ou par paquets. Dix épisodes, c’est trop court. N’est-ce pourtant pas ça, la tragédie ? L’anime montre toute l’horreur qu’engendrent les catastrophes naturelles. Il est néanmoins bien difficile de compatir avec les personnages. On attend juste que ça se termine.

Trois fois hélas

Les premiers épisodes étaient si prometteurs ! Bon scénario, originalité des dessins, en phase avec le climat de l’intrigue, rythme impeccable. Japan sinks 2020 sombre – jeu de mot gratuit – peu à peu, avec des dessins tout aussi originaux, mais moins aboutis. Le rythme change d’un épisode à l’autre : des changements tout aussi appréciables, mais qui laissent un sentiment d’inachevé. 10 épisodes, c’était certainement trop court, pour tout raconter.

A toi d'jouer !

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